Embers: la lutte contre l’oubli

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Hugo Prévost

Le futur proche. Du moins, c’est que l’on croit. Après tout, tout le monde a oublié. Une maladie faisant disparaître la mémoire à court terme frappe lorsque les humains s’endorment. Il en résulte Embers, un drame de science-fiction contemplatif présenté dans le cadre du festival Fantasia.

Voilà plusieurs années que l’épidémie d’amnésie a frappé la planète, provoquant la chute de la civilisation. Chacun conserve certains souvenirs plus ou moins poussés, mais, pour l’essentiel, impossible de rebâtir la société. D’autant plus qu’il ne semble exister aucun remède.

Dans ce film de Claire Carré, l’espoir pointe néanmoins le bout de son nez. Un couple se retrouve jour après jour à l’aide de petits signes; un bracelet identique noué au poignet de chacun, une lueur dans le regard. Ailleurs, un ancien chercheur en neurologie et en science de la mémoire tente tant bien que mal de trouver des méthodes pour recouvrir des fonctions cognitives supérieures et ainsi vaincre la maladie. Et dans un bunker sécurisé, un père et sa fille regardent s’écouler les jours, protégés derrière d’immenses parois de béton. Mais est-ce une vie que d’attendre la mort, sans espoir de changement?

Embers n’est pas un drame trépidant, et encore moins un film d’action; il s’agit plutôt d’une réflexion sur notre société et la nécessité de se débarrasser de certains héritages encombrants afin d’ouvrir notre esprit à de nouveaux horizons. Mais cela mérite-t-il pour autant de se débarrasser de ce qui fait de nous des êtres civilisés? Le dilemme est cornélien, et aucun des personnages ne détient véritablement la réponse à cette question.

On serait toutefois bien en peine d’établir un véritable scénario pour ce long-métrage. Le spectateur erre de scène en scène, en apprenant parfois davantage sur les personnages, mais sans jamais véritablement obtenir de percée significative. La jeune rebelle enfermée dans son bunker finira par obtenir ce qu’elle veut, le couple continuera de se retrouver tout en oubliant qu’ils forment un duo le lendemain matin, le professeur cherchera davantage de moyens pour ne pas perdre la mémoire, et le jeune homme musclé profitant de la chute de la civilisation pour agir en dégénéré goûtera à sa propre médecine.

Mais il manque ce sentiment d’accomplissement, cette possibilité d’évolution à court, moyen ou long terme, cette idée d’un changement de la situation pour croire qu’Embers est autre chose qu’un instantané, un portrait d’une époque ou d’un bref moment, plutôt qu’un film en bonne et due forme.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l’enfance. S’il s’intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n’hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l’économie ou encore les loisirs et le tourisme.
Hugo est également membre de l’équipe éditoriale de Pieuvre.ca.