SpaceX lancera un habitat spatial

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Lors de sa prochaine mission en direction de la Station spatiale internationale (ISS), l’entreprise SpaceX transportera un habitat spatial gonflable conçu par Bigelow Aerospace, mentionne Techcrunch. Ce Bigelow Expandable Activity Module (BEAM) sera plié en vue de son lancement du 8 avril, puis entièrement gonflé une fois qu’il sera correctement raccordé à l’un des points nodaux de la station, créant essentiellement une nouvelle pièce dans l’ISS.

La capsule Dragon de SpaceX se connectera à l’ISS quelques jours après son lancement. À la mi-avril, le bras robotique de la station attrapera le BEAM dans le « coffre » de la capsule, et le module gonflable sera transporté vers le Node 3 de l’ISS. Le gonflage de cette nouvelle salle débutera à la fin de mai ou au début de juin, en fonction du moment où l’équipage trouvera le temps dans son horaire. Lorsqu’il sera entièrement gonflé, le module BEAM sera 10 fois plus volumineux qu’à son lancement.

Les modules gonflables sont une option attirante pour des habitats spatiaux d’un point de vue de la masse et de leur volume. En version repliée, ils sont plus compacts et potentiellement bien plus légers que les autres alternatives. Pour ces raisons, il pourrait être plus facile de les installer dans un véhicule de lancement, et même moins coûteux à lancer.

Bigelow Aerospace a été fondée il y a plus de 15 ans par Robert Bigelow, qui a fait sa fortune en étant propriétaire de Budget Suites of America. Bigelow a d’abord loué la technologie des habitats gonflable auprès de la NASA après que le Congrès américain eut annulé leur projet d’habitat gonflable appelé TransHab en 2000.

Cependant, le concept des habitats spatiaux gonflables remonte au début des années 1960. En fait, le premier satellite de communication de la NASA, Echo 1, était un engin spatial basé sur le concept d’un ballon gonflable. Si la technologie, à l’époque, fonctionnait suffisamment pour les satellites, les matériaux disponibles, comme le caoutchouc, n’étaient tout simplement pas adéquats pour des missions habitées.

Au cours des dernières années, de nouveaux matériaux ont renversé cette situation. Bigelow Aerospace a été financée en raison de l’idée que les touristes spatiaux seraient intéressés à s’installer dans des hôtels spatiaux orbitant autour de la Terre. La compagnie a lancé avec succès ses premiers modules automatisés, Genesis 1 et Genesis 2, en 2006 et 2007, et les deux sont encore en orbite aujourd’hui.

Malheureusement, Bigelow Aerospace était un peu en avance sur son temps. La compagnie travaillait à perfectionner des hôtels spatiaux privés avant que des véhicules de lancement privés soient prêts à lancer des touristes dans l’espace. Ces facteurs ont provoqué la mise à pied de 30 à 50 des 150 employés plus tôt cette année. Encore aujourd’hui, les capsules privées visant à transporter des humains ne seront pas prêtes avant 2017 ou 2018.

En attendant, Bigelow Aerospace poursuit des contrats avec la NASA. Le 8 avril, Bigelow lancera le BEAM vers l’ISS dans le cadre d’un contrat de 17,8 millions $ US signé par la compagnie avec l’agence en 2013.

Lors d’une conférence téléphonique tenue lundi la semaine dernière, la responsable adjointe du programme BEAM chez Bigelow, Lisa Kauke, a fait savoir que l’une des principales différences entre BEAM et les précédentes structures Genesis est que le premier prendra de l’expansion sur son axe, alors que le second gonflait de façon radiale.

Au premier abord, il semble plus probable qu’un module gonflable « éclate » sous l’impact de micrométéorites ou d’autres débris. Mais avec plusieurs couches de matériaux souples, y compris une vessie et un bouclier contre les petits objets spatiaux rapides, Bigelow a assuré que BEAM pouvait résister à un impact aussi bien que toute partie rigide de l’ISS.

BEAM est équipé de senseurs qui seront employés pour surveiller des valeurs thermiques, environnementales et en matière de protection contre la radiation pendant les deux années de son rattachement à l’ISS. Pendant ce temps, les astronautes à bord de la station se rendront deux ou trois fois à tous les six mois, à raisons de quelques heures à chaque occasion.

Au-delà de ce test, la NASA a signé un contrat séparé avec Bigelow pour que l’entreprise fasse la démonstration de la façon dont son module gonflable B330 pourrait être utilisé afin d’aider à des missions vers la lune et Mars.

Les habitats gonflables sont prometteurs pour le futur de l’exploration spatiale, particulièrement pour les missions de plus longue durée en espace profond où l’équipage aura besoin de plus d’espace pour les fournitures et pour travailler. Au cours des deux prochaines années, le test BEAM jettera les bases nécessaires pour que la NASA envisage d’inclure des habitats gonflables dans la route vers Mars.

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