La convention républicaine se fera sans armes à feu

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Le Service secret américain a réduit à néant, lundi, les espoirs des partisans du port d’arme qui faisaient pression pour que les participants à la convention du Parti républicain à Cleveland, cet été, puissent ouvertement porter des armes à feu.

Une pétition en ligne en faveur de cet effort a rapidement accumulé les signatures et l’attention au cours de la dernière semaine, augmentant la pression sur les responsables pro-armes à feu du parti et les candidats à l’investiture pour respecter les désirs des électeurs lorsqu’il est question d’armes à feu, écrit le Washington Post. Mais le Service secret a annoncé lundi que seuls les représentants des services de sécurité pourraient être armés sur les lieux.

« La loi donne au Service secret l’autorité d’interdire le port d’armes sur les lieux visités par les gens sous notre protection, y compris dans des États permettant le port d’armes », a fait savoir par communiqué le porte-parole du Service secret Robert Hoback. « Seuls les représentants des autorités travaillant en conjonction avec le Service secret pour un événement précis pourront être armés dans l’endroit protégé. »

Détentrice de billet ou pas, toute personne non autorisée portant une arme ne pourra pas entrer sur les lieux de la convention, précise le porte-parole.

 

Lancée de façon anonyme il y a une semaine, la pétition avait recueilli plus de 44 000 signatures en date du début d’après-midi, lundi, la plaçant bien en route vers l’objectif de 50 000 noms. Les derniers candidats à l’investiture encore en lice, Donald Trump, Ted Cruz et John Kasich, ont tous trois été interrogés à propos de la pétition, qu’aucun des trois n’a directement appuyée.

« Tout ce qui importe, c’est ce que dit le Service secret », a dit Kasich après un événement tenu lundi dans le Wisconsin. « L’une des choses que j’ai dû apprendre à propos de la sécurité est que lorsqu’ils vous disent de ne pas faire quelque chose, vous ne le faites pas, c’est dans votre intérêt. Et le Service secret est très important dans ces décisions, y compris en matière de sécurité pour l’ensemble de la convention. »

Tout comme Kasich, Cruz s’en est aussi remis aux bons soins de l’agence fédérale. « Je n’ai pas examiné cette pétition en particulier », a-t-il dit à la presse à Altoona, dans le Wisconsin. « Je dirai simplement qu’à la convention, le Service secret devra prendre les décisions à propos de la sécurité, et vous allez certainement vouloir suivre les recommandations de l’agence – sur la façon d’assurer la sécurité de tous. »

Trump n’a pas voulu se prononcer, dimanche, disant devoir encore lire « les petits caractères ».

« Je dois lire le texte de la pétition », a-t-il confié à la chaîne ABC, alors qu’il était interrogé sur ce dossier dans le cadre de l’émission dominicale This Week. « Je suis très fortement en faveur du Second Amendemnt. Je dois voir la pétition. Mais je ne vais pas commenter alors que je ne l’ai pas lue. »

 

La pétition réclame de chaque candidat à l’investiture républicaine, de la part de la National Rifle Association, du Comité républicain national et de son président Reince Priebus, ainsi que de la part de l’aréna Quicken Loans, où aura lieu l’événement, de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre aux participants de porter ouvertement des armes à feu. Le site interdit actuellement les armes à feu et toute autre arme, est-il indiqué sur son site web.

« Sans le droit de se protéger, les gens à l’aréna Quicken Loans seront des cibles fixes, sans défense contre les forces du Mal, les criminels ou quiconque voulant menacer le mode de vie américain », arguent les auteurs de la pétition. Certains ont spéculé qu’un langage si dramatique donne l’impression que toute l’affaire est une ruse visant à placer les républicains dans une situation difficile.

Que cela soit vrai ou non, le dossier a effectivement créé un malaise chez les républicains, forçant le GOP et les candidats à tolérer le genre de restriction du port d’armes qu’ils dénoncent habituellement. Comment les républicains peuvent-ils appuyer le droit de porter des armes s’ils ne feront pas pression pour que cela soit le cas à leur propre convention?

En décembre dernier, le sénateur Ted Cruz a par exemple laissé entendre que les zones sans armes attiraient les tueurs. « Si vous êtes un fou, il n’y a rien de mieux qu’un ensemble de cibles que vous saurez désarmées », a-t-il dit.

Un mois plus tard, Trump a repris l’argument, disant qu’il mettrait fin aux « zones sans armes » dans les écoles et sur les bases militaires. « Vous savez ce à quoi ressemble une zone sans armes pour les malades? C’est un appat! », a-t-il lancé début janvier.

Les organisateurs de la pétition se sont d’abord identifiés comme les « Américains pour le droit de porter une arme » – un groupe pratiquement inconnu, a fait savoir la semaine dernière l’Akron Beacon Journal. Maintenant, le seul indice est le pseudonyme de l’auteur: l’Hyperationnaliste.

La pétition lancée depuis une semaine a d’abord dépassé un premier objectif de 5000 signatures en date de jeudi soir, selon le journal. Il y a trois jours, elle cumulait plus de 25 000 noms, puis 40 000 dimanche soir.

Une porte-parole du Comité républicain national a précisé que le groupe ne faisait que suivre la décision du Service secret.

« Le Parti républicain a été et continuera d’être un fort partisan du Deuxième Amendement. Cela est inscrit dans notre plateforme, et est fortement soutenu par nos candidats », a dit Kirsten Kukowski par voie de communiqué.

En 2012, déjà, les armes à feu avaient été interdites aux participants de la convention républicaine à Tampa. Des demandes de commentaires de la part des administrateurs de l’aréna de Cleveland sont demeurées sans réponse.

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