Maison-Blanche 2016 – « Référendum » sur Donald Trump

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Les électeurs de cinq grands États américains devaient voter mardi aux primaires présidentielles, un test de fidélité pour les partisans de Donald Trump jugé indigne de la Maison Blanche par ses adversaires en raison de la violence de son discours.

Au terme de ce « super mardi 2 » comme l’ont appelé les médias américains, plus de la moitié des délégués auront été choisis en vue des conventions d’investiture cet été, après six semaines de consultations.

Les résultats ne consacreront pas de vainqueur entre les deux candidats démocrates et six républicains encore en lice, mais donneront aux favoris une idée de la vitesse à laquelle ils pourront atteindre la ligne d’arrivée.

La journée sera plus conséquente du côté des républicains, chez lesquels les règles changent à partir de mardi: les Etats peuvent attribuer la totalité de leurs délégués au candidat arrivant en tête du scrutin, au lieu d’une proportionnelle obligatoire comme le font les démocrates.

C’est le cas de la Floride, où le vainqueur empochera 99 délégués d’un coup, alors que 1237 seront requis pour gagner l’investiture. Donald Trump en a 462 à ce jour, suivi des sénateurs quadragénaires Ted Cruz (371) et Marco Rubio (165).

Les sondages annoncent une déroute en Floride pour Marco Rubio, enfant du pays, qui pourrait se retirer en cas de défaite. Mais dans une saison où les sondages ont connu des ratés, ses équipes démoralisées prient pour un sursaut des républicains consternés par le langage et les manières de Donald Trump, surtout après les heurts dans ses meetings ce week-end.

« Nous ne gagnerons pas si nous laissons le Parti républicain devenir le parti de la colère », a lancé Marco Rubio.

Les autres États votant mardi sont l’Ohio, l’Illinois, la Caroline du Nord et le Missouri. Une vingtaine d’Etats voteront encore jusqu’en juin.

Donald Trump mène plus ou moins largement dans les intentions de vote, sauf dans l’Ohio où le gouverneur John Kasich se bat pour engranger sa première victoire, auquel cas il a averti qu’il irait jusqu’à la convention d’investiture, en juillet à Cleveland, dans son État.

« Nous ne sommes pas censés nous déchirer et échanger des coups de poings dans des meetings, ce n’est pas l’Amérique », a déclaré M. Kasich.

« Ohio, je t’aime. Vous pouvez faire la différence! », a déclaré Donald Trump lors d’un meeting lundi soir à l’aéroport de Youngstown. Le milliardaire a annulé un meeting lundi en Floride où il a de l’avance sur Marco Rubio pour se concentrer sur l’Ohio.

Fait extraordinaire dans cette campagne où les républicains anti-Trump ont tardé à s’organiser, Marco Rubio a implicitement appelé ses partisans à voter Kasich dans l’Ohio afin de faire barrage à Donald Trump.

« John Kasich ne peut pas rendre à l’Amérique sa grandeur », a répondu le milliardaire lundi près de Youngstown, ancien haut lieu de la sidérurgie américaine – un meeting sous haute sécurité et sans aucune perturbation de manifestants.

« Votre industrie sidérurgique est morte. Je vais la faire renaître », a-t-il promis.

« Il ne retient pas ses coups, c’est ce que j’aime chez lui », a confié un partisan, James Sam, 46 ans.

Le milliardaire a tweeté de nouvelle piques à ses adversaires tard lundi, qualifiant Kasich de « désastre » en raison de sa politique économique et accusant Rubio d’être « faible sur l’immigration illégale ». « Votez Trump et mettez un terme à cette folie! »

Longue route démocrate

« L’amour l’emporte sur la haine », répètent Hillary Clinton et Bernie Sanders.

Chez les démocrates, les scrutins s’annoncent plus mitigés mardi. Hillary Clinton est favorite en Floride et en Caroline du Nord, mais dans les Etats plus industriels du Midwest, Bernie Sanders est très compétitif.

C’est dans cette région, où le poids électoral des minorités est moindre que dans le Sud historique, qu’il a battu l’ex-secrétaire d’État plusieurs fois. Les deux courtisent les cols bleus, Bernie Sanders critiquant sans relâche le libéralisme d’Hillary Clinton, dans le passé favorable à des accords de libre-échange, avec le Mexique et le Canada, promulgué par son mari.

L’ex-secrétaire d’État de Barack Obama a longtemps défendu le partenariat transpacifique (TPP), signé récemment par le président, mais elle n’a aujourd’hui pas de mots assez durs contre les chapitres portant sur l’automobile.

En cas de résultats serrés, chacun obtiendrait un nombre proche de délégués, ce qui ne bouleverserait pas la course.

Avant mardi, Hillary Clinton avait engrangé une avance confortable avec environ 770 délégués contre 550 pour Bernie Sanders. La barre à atteindre est de 2383.

Mais l’épouse de Bill Clinton dispose aussi de l’appui déclaré de près de 500 élus et responsables démocrates qui auront le droit de vote à la convention de Philadelphie, en juillet.

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