Coco, un hymne à l’amitié féminine

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Camille Pilawa

Cinq jeunes femmes nous convient à traverser des moments de vie de leur histoire d’amitié dans cette pièce délicieusement girly présentée au Théâtre de la Petite Licorne.

Attention. Ne vous y méprenez pas… Sous ses airs de sitcoms à la Sex and the City, où les mots crus, les attitudes, anecdotes et situations clichées d’un groupe de copines se retrouvant dans un chalet pourraient faire craindre une pièce niaise et sans relief, Cococaptive et émeut. Au-delà même de son sombre propos de départ: le décès de l’une d’entre elles, emportée trop vite par le cancer, qui réunit ses amies autour de son journal intime, la pièce a une certaine profondeur et témoigne de relations sincères et très réalistes. Nous (les filles), pouvons facilement, si ce n’est nous identifier à elles, se sentir concernées. La sympathie pour l’une ou l’autre de ces jeunes femmes se fait très vite ressentir, et nous sommes dès les premiers instants embarqués dans ce chalet, point de rencontre du groupe à plusieurs épisodes de leur vie que nous revivrons en flashbacks.

C’est en effet dans ce cadre à la fois vieillot et chaleureux que nous côtoyons Simone, Katya, Maggie, Viviane et Coco à travers les âges, en découvrant peu à peu que l’un des piliers de ce temple de l’amitié vacille avant même d’avoir vécu son rêve le plus cher: celui d’être mère. La force du texte de Nathalie Doummar, qui incarne une Coco aussi forte que délicate, est de ne jamais tomber dans le pathos, mais de faire émaner une lente force émotionnelle de propos légers, vifs et criants de contemporanéité.

Toute première création du Théâtre Osmose, Coco pose les jalons d’un avenir créatif prometteur pour cette compagnie composée de jeunes femmes dans la vingtaine et « proposant un regard à la fois féminin, jeune et subversif sur les maux sociaux actuels ».

La pièce a toutefois bénéficié d’un regard masculin en la personne de Mathieu Quesnel, qui en signe la mise en scène.

Et ne croyez pas que les hommes soient ici en reste! Leurs rires dans le public témoignaient du plaisir ressenti face à ces moments de vie de la gent féminine, percutants, drôles et authentiques.

Coco mérite d’être découverte, au Théâtre de la Petite Licorne jusqu’au 12 février.

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À propos du journaliste

Camille Pilawa

Camille Pilawa a oeuvré plus de cinq ans auprès de compagnies de théâtre et de cirque montréalaises avant de rejoindre l'équipe du Regroupement québécois de la danse. Elle a notamment travaillé durant deux ans au sein de la compagnie Les 7 doigts de la main et assuré la coordination du volet OFF-CINARS en 2014. Passionnée de spectacle vivant, elle aime mettre sa plume au service de l'art et retranscrire ce qu'un spectacle peut véhiculer.

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