SpaceX rate un autre amerrissage, mais garde espoir

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Hugo Prévost

Il s’en est fallu de peu… les mordus d’exploration spatiale et les bonzes de l’industrie retenaient leur souffle, dimanche, alors que la compagnie SpaceX de l’entrepreneur Elon Musk tentait, pour la troisième fois, de poser une fusée de lancement sur une barge en plein océan, histoire d’ouvrir la voie vers des engins réutilisables, et donc moins chers.

Les questions de coûts ont toujours représenté un obstacle majeur au développement d’un programme spatial. Si l’enthousiasme débridé des États-Unis et de l’ex-Union soviétique avait permis d’engloutir des sommes astronomiques pour alimenter la course à l’espace, à partir des années 1960 et jusqu’à la chute de l’URSS, force est de constater qu’à l’exception des engins Soyouz destinés à envoyer les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et des véhicules automatiques Progress servant de ravitailleurs à cette même station, la Russie n’a plus, pour l’instant, de programme spatial à proprement parler. Cela est entre autres dû à un manque de devises, une carence que le président Vladimir Poutine a décidé de corriger en annonçant la construction d’un nouveau centre spatial d’ici les prochaines années.

Pour SpaceX, l’idée d’une fusée réutilisable permettrait d’économiser des dizaines de millions à chaque lancement: au lieu de laisser la fusée Falcon 9 propulsant les capsules ou les satellites brûler à son retour dans l’atmosphère, ou s’écraser dans l’océan, pourquoi ne pas récupérer le lanceur? Il s’agit à la fois d’une mesure de récupération des coûts, et d’un exploit technique que seule la navette spatiale était autrefois en mesure d’accomplir.

Si SpaceX avait réussi, le mois dernier, à ramener intacte l’une de ces fusées Falcon 9 au cours d’un atterrissage sur la terre ferme, cibler une barge voguant sur l’océan a toujours été l’ultime défi pour la compagnie américaine.

Cette fois encore, le proverbial grain de sable est venu se glisser dans l’engrenage: après un décollage dans un brouillard relativement épais, la fusée Falcon 9 s’est bel et bien posée sur la barge, mais l’un des patins d’atterrissage (ou amerrissage, dans ce cas-ci) semble ne pas s’être verrouillé correctement. Résultat, la fusée tangue, puis tombe lentement sur le côté, avant de finir par se désintégrer dans une explosion spectaculaire. « Au moins, les morceaux étaient plus gros cette fois-ci », a lancé M. Musk sur Twitter, se disant « optimiste » à propos d’un prochain amerrissage réussi.

Chez SpaceX, toujours, on évoque la formation de cristaux de glace sur les patins en raison du brouillard. Il faut également souligner que la barge flottait sur une mer agitée; le centre de contrôle avait signalé des creux allant jusqu’à cinq mètres avant le décollage.

Partie remise pour l’ambitieuse entreprise, donc, qui a un carnet de commande particulièrement chargé, avec 60 vols totalisant des contrats de 8 milliards $ US, y compris des missions de ravitaillement pour la NASA. D’ici quelques années, par ailleurs, la capsule Dragon employée en ce moment pour transporter de la nourriture, des fournitures et des pièces de rechange, servira aussi de vaisseau de transport pour jusqu’à huit astronautes en direction d’une orbite basse.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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