5 milliards $ US en programmation prévus chez Netflix en 2016

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Le service de diffusion de contenu vidéo en ligne Netflix, qui a offert le meilleur rendement au sein de l’indice boursier S&P 500, l’an dernier, a des plans ambitieux pour 2016, histoire que l’entreprise puisse produire quelque chose de nouveau l’an prochain: des profits conséquents.

Selon Bloomberg, les investisseurs ont accepté une quasi-absence de profits, jusqu’à présent, puisque le PDG de la compagnie a affirmé que cet état de fait allait changer après que Netflix eut complété son développement à l’échelle mondiale. Cela devrait survenir en 2016, avec l’arrivée du service dans plus de 100 nouveaux marchés, y compris en Chine, en Inde et en Indonésie. Au même moment, Netflix consacrera environ 5 milliards $ US à sa programmation, soit plus de deux fois le montant supposément dépensé chez HBO, en plus de doubler sa production de séries « maison ». Si tout se déroule comme prévu, Wall Street s’attend à ce que les profits bondissent pour atteindre jusqu’à 500 millions $ US en 2017.

La popularité de ce contenu produit à l’interne – Netflix vante de plus en plus ces téléséries comme Making a Murderer ou Jessica Jones – sera la clé de voûte de la promesse tenue ou non de M. Hastings en matière de profits. Netflix doit attirer suffisamment de nouveaux clients pour payer l’ensemble de ces démarches, et convaincre les sceptiques que la vision du PDG du plus important réseau de télé en ligne peut s’avérer véridique.

« Ils devront surmonter quantité d’obstacles, dont le montant prévu pour la production de contenu. C’est effrayant », lance Paul Verna, analyste chez eMarketer. Le déploiement international de cette année pourrait « entraîner des gains massifs, mais c’est un pari ».

M. Hastings pourrait donner plus d’informations dans le cadre de l’International Consumer Electronics Show (CES), actuellement en cours à Las Vegas, où il doit prononcer une allocution mercredi. Netflix est déjà disponible dans plus de 60 pays après avoir été lancé au Japon, en Australie et dans le sud de l’Europe l’an dernier. L’entreprise n’a pas donné de chiffres précis à propos de son nombre d’abonnés, mais a projeté en octobre dernier qu’elle ajouterait environ six millions de clients aux États-Unis et 11 millions à l’extérieur du pays en 2015, portant le total à 74,3 millions.

Les profits se sont toutefois faits relativement discrets depuis que l’entreprise est entrée en Bourse, il y a près de 14 ans. Cette année, ces bénéfices atteindront 137 millions $ US, soit la moyenne des estimations recueillies. De là, Wall Street projette qu’ils atteindront 535 millions $ US en 2017, avant de franchir la barre du milliard de billets verts d’ici 2018 – si l’expansion fonctionne comme prévu. Les dépenses sont certainement en hausse: Netflix versera cette année huit fois ce que Showtime, le réseau câblé de CBS, consacre au divertissement vidéo, selon des données de la firme de recherche MoffettNathanson.

Netflix fut le meilleur élève de l’indice boursier S&P 500, l’an dernier, bondissant de 134 pour cent, en comparaison avec le recul moyen de 0,7 pour cent. Lundi, le cours des actions de Netflix dévissait de 3,9 pour cent, pour clore la séance à 109,96 $ US le titre à New York, dans la foulée d’une frilosité mondiale des marchés et d’une décote de la part de Robert W. Baird & Co.

Par le passé, la majeure partie du budget de Netflix était consacrée à l’achat de vieux films et téléséries, mais l’équilibre entre le contenu original et celui acheté commence à changer. En fait, le réseau est le plus efficace lorsqu’il se consacre à ses propres séries, films, spectacles d’humour et autres, a affirmé en décembre le responsable des contenus Ted Sarandos.

Cette année, le service lance son premier talk show, un film mettant en vedette Brad Pitt, des reprises des succès d’autrefois Full House et Degrassi, ainsi que les premières productions originales en français et italien. Netflix a aussi obtenu les droits exclusifs des nouveautés de Disney à partir de 2016. De nouvelles émissions viendront rejoindre les « classiques » que sont House of Cards et Orange Is the New Black.

Pour couvrir ses coûts, Netflix devra non seulement attirer davantage d’abonnés, mais continuer à augmenter ses prix, estime Anthony DiClemente, un analyste chez Nomura Securities International qui recommande d’acheter des titres du service. Netflix a d’ailleurs fait monter les prix pour ses nouveaux abonnés aux États-Unis et en Europe, l’an dernier.

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