Burnt, à en perdre la carte

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Burnt joue gros, mais malgré la qualité de ses ingrédients, il ne parvient jamais à faire lever sa sauce. Comme quoi il ne reste que bien des analogies culinaires pour décrire ce soufflé qui n’a tout simplement pas pris…

Le film de cuisine est à la mode, puisqu’avouons-le, on mange énormément dans une vie. Toutefois, à l’encontre du Chef de Jon Favreau qui malgré ses défauts était un crowd-pleaser de grand calibre, disons que Burnt fait tous les faux pax possibles pour constamment se diriger dans la mauvaise direction.

On y raconte l’histoire rédemptrice d’un chef cuisinier prometteur qui revient après une descente dans la drogue, l’alcool et la dépendance. Il décide de se refaire un nom et de réparer les liens qu’il avait jadis brisés. Jusque-là, tout semble aller, n’en déplaise aux avenues clichées et prévisibles de l’entreprise.

Pourtant, ça se gâte constamment puisqu’on trace les lignes directrices à gros traits et on ne tire jamais profit de rien. Bien sûr, Bradley Cooper est dans une très grande phase de sa carrière, mais on ne fait pas bon usage de son intensité ou de sa folie de jeu, alors qu’il faut bien plus que des scènes de colère à la Whiplash pour fasciner. Même chose pour le reste de la distribution internationale qui empile les gros noms, alors qu’on ne voit la majorité que quelques minutes à peine. Parlez-en à Uma Thurman et Alicia Vikander qui frôlent l’inutilité et, soyons francs, le gâchis de talent et de jolis minois.

Pire encore, le film ne semble jamais lever. On suit l’histoire, on la comprend, mais on ne s’y sent jamais investis ou encore moins intéressés. C’est d’autant plus dommage puisque le talent de l’équipe ne tient qu’à un fil. On sait que Omar Sy et Daniel Brühl valent mieux que cela et si le compositeur Rob Simonsen parvient à nouveau à imager en mélodies d’une douce fragilité aux élans orchestraux l’espoir, la romance et la déception à sa façon, on se surprend à le voir recycler son propre matériel, lorsqu’une pièce de The Spectacular Now revient, ou celui des autres, lorsqu’on utilise une pièce charnière de Donnie Darko.

C’est de cette façon que le film se ment le plus à lui-même. Alors qu’il prétend vouloir faire la part des choses entre la nouveauté, le classicisme et l’intégrité, tout en partant à la chasse aux étoiles, le long-métrage pourrait difficilement être plus loin du but, et superficiel. Sans saveur et sans couleur, le récit mise tout, mais seulement en métaphores grosses comme une marmite. On ne prend aucun risque et c’est dommage puisqu’il y avait sûrement, quelque part, un potentiel certain avec tout ce matériel sous la dent.

Ne reste plus que cette comédie dramatique culinaire sortie d’on ne sait où qui n’explique jamais son existence, sa raison d’être et pourquoi autant de noms recommandables s’y sont investis. Fort dommage pour tous, le spectateur ennuyé en premier.

5/10

Burnt ou Burnt: un chef sous pression (son terrible titre français) prend l’affiche en salles ce vendredi 30 octobre

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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