Téléchargement illégal: la musique contre-attaque

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Six ans après que l’industrie américaine de la musique eut arrêté de tenter de récupérer de l’argent de la part des internautes téléchargeant ses produits, une nouvelle entreprise prépare un outil technologique qui pourrait inonder le web de « centaines de millions d’avis » adressés à de présumés « pirates ».

La compagnie Rightscorp offre une "porte de sortie" à "seulement" 20 $ US environ par chanson piratée

La compagnie Rightscorp offre une « porte de sortie » à « seulement » 20 $ US environ par chanson piratée

Rightscorp, la compagnie responsable de cette campagne, a déjà envoyé des milliers de ces avis à des internautes, tout en présentant de grandes promesses aux investisseurs – et des menaces très peu subtiles aux fournisseurs d’accès Internet. Toute la stratégie de l’entreprise s’appuie sur une démarche consistant à dire aux fournisseurs qu’ils risquent de gros procès liés aux copyrights s’ils ne transmettent pas les avis créés par Rightscorp, selon ce que rapporte le site web Ars Technica.

Le fonctionnement est simple: les usagers accusés par Rightscorp sont découverts en fonction des adresses IP apparaissant dans des groupes de téléchargement sur le réseau BitTorrent. Si les fournisseurs Internet acceptent de transmettre les avis – et ils sont de plus en plus nombreux à le faire -, les internautes reçoivent un message selon lequel ils pourraient se voir imposer une pénalité allant jusqu’à 150 000 $ US. À moins qu’ils ne cliquent sur le lien inclus et acceptent de régler le tout hors court, pour le prix « très très bas » de 20 $ US en moyenne par chanson.

Dans une entrevue accordée à Ars Technica, le président de Rightscorp Robert Steele a affirmé que réclamer 20 $ US par violation était « une méthode socialement acceptée de créer un outil convaincaint ». L’entreprise espère faire de cette pénalité l’équivalent d’une contravention normale, tout en gardant à portée la menace d’une amende beaucoup plus sévère.

« Les gens du milieu du divertissement ne veulent pas faire ça très souvent. Ils veulent seulement rendre les gens heureux. Pour la plupart des gens, un jugement de 10 000 $ US est quelque chose de très dur. Nous offrons aux gens une opportunité de régler cette affaire et de récupérer une partie des pertes des créateurs, et ce pour une somme relativement faible. »

Afin de devenir le défenseur des détenteurs de copyrights sur Internet, Rightscorp a besoin de l’accord des fournisseurs d’accès Internet. M. Steele et d’autres dirigeants insistent sur le fait que ces fournisseurs les aideront, pas parce qu’ils le souhaitent, mais parce qu’ils le doivent. La compagnie croit que les fournisseurs sont obligés de transmettre les avis en vertu du Digital Millenium Copyright Act s’ils veulent se protéger contre les poursuites permises en vertu de la loi – bien que ce soit là une interprétation ne faisant pas l’unanimité.

Rightscorp a déclaré des revenus de plus de 320 000 $ US en 2013, en hausse par rapport à moins de 100 000 $ US en 2012. Puisque l’entreprise partage les amendes 50/50 avec ses clients, cela signifie que les internautes ont payé près de 750 000 $ US en amendes l’an dernier. Les deux principaux clients sont des grandes maisons de disques: BMG et Warner Brothers ont représenté 25 et 7 pour cent des revenus de la compagnie, respectivement.

Malgré tout, Rightscorp est encore passablement dans el rouge, avec des dépenses de 2,1 millions $ US l’an dernier.

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