FRINGE – Coldshot, un coup de gueule poético-trash

Camille Robidoux

« On sacre comme des bûcherons on se pète la face en pas de classe on se vide de notre marde on tripe encore sur Radio Enfer on braille trop souvent on est sales on parle mal mais on le sait on continue de parler mal parce qu’on a mal », peut-on lire à propos de la pièce sur le site du Fringe. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’aller y jeter un œil, visiblement.

L'affiche du spectacle

L’affiche du spectacle

Coldshot, c’est un patchwork de mots poético-trash soudés les uns aux autres, ceux de Mélanie Langlais. Ayant pourtant recours à des faits de langue un peu has been, l’auteure de Coldshot parvient à façonner un assemblage des plus saisissants, faisant résonner les « j’tais cave correct » tout autrement. Qui plus est, à aucun moment le texte ne verse dans la fioriture cheap: c’est dense, c’est rêche, mais jamais inutile.

La pièce, c’est l’histoire d’Alice, de Jo et de Charles. Mais c’est surtout l’histoire d’Alice, il faut se le dire. Dévastée par la perte d’un chum pas-parfait-pantoute qu’elle idéalise, elle gère sa douleur comme elle le peut (mal), armée d’une caisse de Pabst et d’un ami auquel elle n’arrive pas à faire tout à fait confiance.

Les trois comédiens ont su se partager la scène avec une belle complicité, et à bien rendre une série d’éléments risqués. Nous avons eu droit à une interprétation puissante, mais jamais too much. Il y avait, en somme, beaucoup de cœur et de travail dans cette entreprise. J’ai quelques réserves quant à la présence de la guitare et des draps sur scène, mais sans plus. Honnêtement, nous en aurions volontiers pris davantage (le show ne durait que 35 minutes). Bref, voilà le genre de pièces qui donne toute sa raison d’être au Fringe. À voir.

À La Chapelle, jusqu’au 23 juin. Avec Mélanie Langlais, Kevin Tremblay et Gabriel Simard.

Dans la catégorie: Culturel

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