De plus en plus de logements disponibles au pays

Hugo Prévost

@HugoPrevost

De plus en plus de logements demeurent inoccupés au pays, a révélé jeudi la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), dans un nouveau rapport. Ainsi, 2,7 pour cent des logements des 35 principaux centres urbains du pays seraient toujours à louer, en hausse par rapport à 2,3 pour cent en avril 2012. Au Québec, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) en profite pour réclamer de nouveau un registre des loyers pour éviter les hausses trop importantes.

Selon la SCHL, le taux d'occupation des logements aurait diminué au pays depuis un an

Selon la SCHL, le taux d’occupation des logements aurait diminué au pays depuis un an

Selon le rapport de la SCHL, « bien qu’elle demeure élevée, la demande sur le marché locatif traditionnel a légèrement diminué en raison de l’attrait exercé par d’autres types de logements offerts en location, comme les copropriétés, a déclaré Mathieu Laberge, économiste en chef adjoint au Centre d’analyse de marché de la SCHL. La demande soutenue de logements locatifs attribuable à la migration nette a été atténuée par la modération de la croissance de l’emploi, notamment chez les jeunes travailleurs de 20 à 24 ans. »

Au Canada, le loyer moyen des appartements de deux chambres, immeubles neufs et existants confondus, s’est chiffré à 911 $ en avril 2013. Les régions métropolitaines de recensement où les appartements de deux chambres se louaient le plus cher en moyenne sont Vancouver (1 255 $), Toronto et Calgary (1 202 $ dans les deux cas). Les loyers mensuels moyens les plus bas, toujours du côté des appartements de deux chambres, ont été observés à Saguenay (560 $), Trois-Rivières (562 $) et Sherbrooke (586 $). À Montréal, le prix moyen atteignait 719 $, par rapport à 708 $ l’année précédente.

S’appuyant sur les données du rapport, le RCLALQ exige encore une fois la mise sur pied d’un registre des loyers, pour lutter contre « les hausses constantes de loyers depuis plus d’une décennie », allant jusqu’à parler d’« augmentations excessives ».

Si le regroupement dit constater une certaine détente du marché locatif, avec l’augmentation du taux d’inoccupation, le RCLALQ estime qu’il existe toujours un état de pénurie, avec un taux de disponibilité de moins de 3 pour cent. Il affirme par ailleurs que les augmentations constatées dans les principaux centres urbains dépassent l’indice d’augmentation de 0,9 pour cent suggéré par la Régie du logement pour les logements non chauffés, ce qui le porte à réitérer sa demande d’un registre en bonne et dûe forme.

Point de vue inverse du côté de l’Association des propriétaires du Québec (APQ), où on considère comme inquiétante cette hausse du taux d’inoccupation.

« L’APQ recommande aux propriétaires de ne pas céder à la tentation de donner des mois de loyers gratuits qui risque de créer des problèmes: la Régie du logement pourrait considérer, si la clause n’est pas claire, que la gratuité s’applique à tous les renouvellements de baux. Il faut, malgré le fait que nos logements soient vides, éviter de louer au premier venu », mentionne-t-on par voie de communiqué.

« C’est dans les régions où le taux d’inoccupation est très élevé que les propriétaires subissent le plus de dommages car il n’arrivent pas à louer leurs logements. Tant que le gouvernement octroiera des fonds pour construire de nouveaux HLM, les logements vacants et en bon état se retrouveront mis de côté. L’aide à la personne plutôt qu’à la pierre est la meilleure solution autant pour les finances du gouvernement que pour la stimulation du marché locatif », selon Martin Messier, président de l’APQ.

« Avec seulement une hausse de 2 pour cent, la discussion avec nos locataires est la seule solution car il est difficile de rénover avec les taux octroyés par la Régie du Logement. L’avenir de notre parc locatif demande une action rapide du gouvernement afin de stimuler les rénovations », ajoute-t-il.

 

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