L’insécurité d’emploi et la conciliation travail-famille, deux facteurs de risque de maladie mentale

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L’insécurité d’emploi, une supervision abusive, des demandes excessives, l’empiètement du travail sur la vie de famille et les difficultés relationnelles à la maison figurent en tête de liste des facteurs contribuant au développement de troubles de santé mentale chez les travailleurs, révèle un sondage publié mardi.

Au dire de l'étude, plusieurs facteurs liés au travail peuvent entraîner des cas de maladie mentale

Au dire de l’étude, plusieurs facteurs liés au travail peuvent entraîner des cas de maladie mentale

L’étude en question a été réalisée par des chercheurs des Universités de Montréal, Concordia et Laval.

Les chercheurs se sont penchés sur une série de facteurs pouvant mener au développement de la détresse psychologique, de la dépression et du burnout en milieu de travail. Plus de 2 100 employés au sein de 63 entreprises ont été interrogés, tant sur leur vie personnelle que professionnelle. Les résultats de ces questionnaires d’enquête ont été corroborés par des mesures de taux de cortisol. Cette substance est une hormone contenue dans la salive et un indicateur reconnu du niveau de stress chez un individu.

« C’est la première fois qu’une telle méthodologie de recherche ait été appliquée pour étudier la santé mentale en milieu de travail », plaident les chercheurs.

Les professeurs Alain Marchand et Pierre Durand, de l’École des des relations industrielles de l’Université de Montréal – et chercheurs responsables de l’étude -, sont convaincus que les impacts des problèmes personnels et professionnels d’un individu sur sa santé mentale ne peuvent être considérés séparément. « La force de cette étude, explique M. Durand, c’est justement d’avoir pris en compte de très nombreux facteurs liés à l’organisation du travail, aux relations familiales et professionnelles, à certains traits de personnalités, comme l’estime de soi, et à d’autres facteurs de risque potentiels, notamment les maladies chroniques ou la consommation d’alcool. »

L’étude a également été l’occasion de passer en revue quelque 65 pratiques en entreprises visant à réduire le stress et à améliorer la santé des employés, celles-ci allant par exemple de la mise en place d’un centre de conditionnement physique en entreprise, à la réduction du temps de travail.

L’étude financée en partie par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds de recherche du Québec – Santé a été menée sur une période de plus de 4 ans auprès de 2 162 travailleurs, tous secteurs confondus. Des échantillons de salive ont été prélevés sur 401 travailleurs afin de déterminer les taux de cortisol et de les comparer aux résultats des questionnaires. Ces prélèvements étaient effectués à cinq moments différents d’une même journée, durant trois jours (deux journées de travail et une journée de repos), précise-t-on par voie de communiqué.

La Commission de la santé mentale du Canada estime qu’environ 1 travailleur sur 5 (21,4 % de la population active duCanada) serait aux prises avec une maladie mentale qui pourrait entraver sa productivité. La perte de productivité reliée à l’absentéisme, au présentéisme (lorsqu’un travailleur est présent physiquement mais improductif) et au renouvellement de personnel est estimé à 6,3 milliards $ pour les entreprises canadiennes.

 

Dans la catégorie: Société

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