Enbridge: la prudence de Québec enchante les groupes environnementaux

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L’intention du ministre de l’Environnement d’Yves-Blanchet d’envisager la mise sur pied d’un organisme ou mécanisme gouvernemental pour examiner le projet de la pétrolière Enbridge suscite l’appui des groupes environnementaux. Ceux-ci estiment qu’il s’agit là de la première étape d’un éventuel refus d’accepter que l’entreprise albertaine inverse le flux de son oléoduc circulant entre l’Ontario et le Québec, pour transporter du pétrole des sables bitumineux jusqu’en Nouvelle-Angleterre.

Québec hésite toujours à permettre à Enbridge d'inverser le cours de son oléoduc traversant le Québec

Québec hésite toujours à permettre à Enbridge d’inverser le cours de son oléoduc traversant le Québec

Dans des déclarations transmises par voie de communiqué, l’organisme environnemental Équiterre se dit encouragé par cette décision, et espère que Québec choisira de s’opposer aux velléités albertaines et conservatrices en la matière.

Le ministre réagissait à la décision de l’Office national de l’énergie (ONÉ), rendue publique hier, de réaliser des audiences publiques au sujet du reversement du pipeline d’Enbridge. « L’intention du ministre de créer une structure adaptée à ce projet est très encourageante, puisque ceci nous permet de croire que les préoccupations environnementales du Québec seront adéquatement considérées », affirme le groupe.

« C’est un dossier que Québec doit absolument garder dans sa ligne de mire », a déclaré Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre. « Les risques environnementaux associés aux sables bitumineux ne sont pas uniquement liés à un bris du pipeline. Le raffinage de ce pétrole émet 82% plus de GES que le pétrole conventionnel. Avec les cibles ambitieuses que la province s’est données sur la réduction des GES, je ne pense pas que ce projet puisse faire partie de notre avenir commun .»

Dans un article paru jeudi, La Presse Canadienne rappelle que le mois dernier, Enbridge a déposé une demande à l’Office national de l’énergie, un organisme fédéral, pour inverser le flux d’un oléoduc existant en vue d’acheminer du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers le Québec.

En vertu de ses statuts, le BAPE ne peut examiner le projet, puisque l’oléoduc existe déjà, a rappelé le ministre de l’Environnement, mais il n’entend pas pour autant se taire. « L’essentiel, c’est qu’on se donne un mécanisme de validation, de vérification, peut-être même de négation [sic], a déclaré Yves-François Blanchet. À la limite, on créera ce dont on aura besoin. Le besoin crée l’organe. On va se donner les outils pour faire l’exercice.»

Parallèlement à cette annonce, la ville de Burlington, au Vermont, mettra prochainement aux voix des résolutions visant à interdire le passage, sur son territoire, de pétrole des sables bitumineux. Des organisations environnementales locales craignent que les vieilles conduites des oléoducs puissent provoquer des fuites et entraîner des déversements pétroliers dans divers cours d’eau, y compris le fleuve Connecticut.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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