Sauter par-dessus le Pacifique grâce aux forces atmosphériques

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Un nombre surprenant de microorganismes – plus de 100 fois plus d’espèces que ce que mentionnait une étude publiée il y a seulement quatre mois – effectuent un « saut » par-dessus la plus grande distance de la planète en traversant le Pacifique. Pour la première fois, des chercheurs ont ainsi été capable d’accumuler suffisamment de biomasse sous la forme d’ADN pour prélever des échantillons dans deux grands panaches de poussière provenant de l’Asie au printemps 2001, y découvrant plus de 2100 espèces différentes.

Les courants atmosphériques transportent de grandes quantités de microorganismes au-dessus du Pacifique

Les courants atmosphériques transportent de grandes quantités de microorganismes au-dessus du Pacifique

Selon David Smith, un chercheur ayant récemment obtenu son doctorat en biologie et en astrobiologie à l’Université de Washington, ce transport sur longue distance et les niveaux surprenants de richesse en termes d’espèces vivantes vont au-delà des paradigmes habituels en aérobiologie.

« Notre planète est petite. La circulation des vents à l’échelle mondiale peut déplacer les plus petites formes de vie de la planète à peu près partout », a dit M. Smith. Les chercheurs estiment ainsi qu’environ 7,1 millions de tonnes de particules en aérosols – des poussières, des polluants et d’autres particules atmosphériques, incluant des microorganismes – traversent le plus grand océan de la planète à chaque année. Ces aérosols, transportés par des vents, montent jusque dans la troposphère, la couche de l’atmosphère où la quasi-totalité des systèmes météorologiques ont lieu.

Le co-auteur de l’étude Daniel Jaffe avait déjà documenté d’importants panaches d’aérosols dans l’atmosphère, alors que ceux-ci effectuaient le déplacement au-dessus du Pacifique en une période allant de sept à 10 jours. Les récentes découvertes sont basées sur deux panaches de ce genre, l’un en avril, et l’autre en mai 2011, détectés sur une montagne du centre de l’Oregon.

La plupart de ces microorganismes – environ la moitié était de nature bactérienne, et l’autre moitié de nature fongique – provenaient de sols et étaient soit morts à leur arrivée, soit inoffensifs pour les humains.  La quantité transportée est telle, cependant, que les chercheurs ont été poussés à envisager de considérer les microorganismes comme une forme de pollution aérienne: les microorganismes qui ne sont pas détectés à de faibles niveaux pourraient avoir un impact plus important avec de larges doses.

« J’ai été surpris par les concentrations. On aurait pu s’attendre à ce que la concentration en cellules diminue avec l’altitude en fonction des retombées et de la dilution, a dit M. Smith. Mais dans le contexte de ces panaches, l’atmosphère rassemble ces cellules, tout comme elle le fait avec d’autres sortes de pollution atmosphérique. »

Ces cellules peuvent également interagir avec leur environnement en haute altitude, devenant par exemple le noyau des gouttes de pluie et des flocons de neige, en plus d’influencer la quantité de précipitations. D’autres scientifiques estiment que 30 pour cent des précipitations mondiales proviennent de microbes.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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