Négociations commerciales avec l’Europe: Ottawa doit tenir bon, réclament des producteurs agricoles inquiets

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Plusieurs centaines de producteurs, transformateurs, représentants du milieu financier et partenaires d’affaires et sociaux se sont réunis dimanche à Montréal, à l’invitation de l’Union des producteurs agricoles (UPA), de La Coop fédérée et de la Coalition GO5 pour réclamer qu’Ottawa maintienne une position très ferme dans la négociation finale de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe, ainsi que de l’accord du Partenariat transpacifique.

Les fromages canadiens font partie des produits mis en danger par les négociations d’accords commerciaux avec les États-Unis et l’Europe, déplorent des producteurs

Ces acteurs de diverses industries, y compris de l’industrie agricole, craignent en effet que le gouvernement fédéral n’accorde trop de concessions à ses futurs partenaires commerciaux et revienne ainsi sur une motion unanime de la Chambre des communes, adoptée en 2005, qui stipule que le Canada n’accepte jamais de réductions de tarifs hors contingent et d’augmentations des contingents tarifaires dans son système de gestion de l’offre.

« Les négociations entre le Canada et l’Europe entrent dans leur dernière phase et il appartiendra bientôt aux ministres de les conclure en abordant les questions les plus difficiles », avancent les différents organismes par voie de communiqué, en précisant que l’Europe réclame notamment plus d’accès au marché canadien des fromages, ainsi qu’une dérèglementation des systèmes canadiens de gestions de l’offre et de la demande en matière de produits laitiers et de volaille.

« La négociation de l’AECG est globale et multisectorielle. On ne négocie pas en silo, par secteur. Le Canada n’a pas à faire de concessions agricoles pour obtenir plus d’accès au marché agricole européen, il concède déjà assez par ailleurs. Surtout si l’on considère l’importance des indications géographiques et des règles d’origine pour des pays comme la France, l’Italie et la Grèce. Les offres du Canada, à cet égard, s’avèrent d’une valeur inestimable pour l’Europe. Il serait donc totalement injustifié que le Canada augmente les contingents d’importation de fromage et offre un accès garanti à l’Europe. Le gouvernement s’est engagé à défendre la gestion de l’offre. Nous lui demandons de maintenir fermement cet engagement et de ne pas céder aux demandes de l’Union européenne », a déclaré M. Marcel Groleau, président général de l’UPA et porte-parole de la Coalition GO5. Il ajoute que les Américains n’auraient à augmenter que de quelques points de pourcentage leurs productions laitière et avicole pour inonder tout le marché canadien.

Le président de La Coop fédérée, M. Denis Richard, affirme pour sa part que le Canada ne doit céder aucun accès supplémentaire aux marchés canadiens sous gestion de l’offre à l’Union européenne. « Ce qui est en jeu, ce sont des dizaines de milliers d’emplois, des milliards de dollars d’activité économique, un des rares secteurs agricoles à permettre aux agriculteurs et à leurs partenaires d’affaires de bénéficier d’une rentabilité constante et d’un approvisionnement de grande qualité, en produits laitiers et avicoles de chez nous! », a-t-il déclaré.

« Le contrôle des importations s’avère essentiel au fonctionnement de la gestion de l’offre. Si le Canada cède aux demandes de l’Union européenne sur le fromage, il faut craindre pour la suite des choses, car le Canada s’engage dans des négociations d’ententes commerciales bilatérales et plurilatérales. La Nouvelle-Zélande et les États-Unis, notamment, n’attendent que cela pour réclamer à leur tour l’ouverture de nos marchés », a conclu M. Groleau.

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