The Second Law: meilleure chance la prochaine fois
Hugo Prévost
@HugoPrevost
Le trio rock britannique Muse, fidèle à sa période d’attente de trois ans entre chacun de ses albums, a fait apparaître dans les bacs, au tout début du mois, son sixième opus musical, intitulé The Second Law, une référence aux principes de la thermodynamique et au chaos organisé. Plus éclectique, mais moins brouillon que le précédent disque, The Resistance, ce nouvel album représente sans doute une croisée des chemins pour le groupe. Ni extraordinaire, ni médiocre, The Second Law plaît autant qu’il déçoit.
Il y a quelque chose de particulier dans la démarche artistique de cette formation qui avait débarqué dans l’univers musical avec l’excellent Showbiz en 1999. À l’époque, le rock alternatif était nerveux, parfois violent, toujours débordant d’émotions, et le résultat a rapidement permis à Muse de se débarrasser du qualificatif de pseudo-Radiohead pour créer son propre style.
Depuis The Resistance en 2009, toutefois – et peut-être même un peu depuis Black Holes and Revelations, l’album précédent -, Muse se cherche. La dernière trouvaille en date? Le dubstep et les fortes influences électroniques. À mille lieux, donc, du parfait Absolution (2003), dont il faudra vraisemblablement faire son deuil une bonne fois pour toutes.
Avec The Second Law, donc, Muse explore un côté musical un peu plus léger, avec des sonorités pop et des arrangements musicaux légèrement rose bonbon. Pas particulièrement désagréable, faut-il le préciser, mais tout cela sonne quelque peu brouillon. D’autant plus que le chanteur Matthew Bellamy et ses deux collègues n’ont pas entièrement renié leurs origines de rock torturé, avec des pièces telles qu’Animals ou encore Explorers, plus calme, ou même avec une expérimentation musicale qui accroche bien dans Panic Station, très dansante et accrocheuse.
Toute expérimentation musicale n’est pas nécessairement mauvaise, bien au contraire, mais Muse ne semble pas, depuis deux albums, vouloir se décider entre un retour aux sources et un abandon des vieilles influences pour se plonger entièrement dans le renouveau. Il en résulte des disques qui ressemblent davantage à des collages de pièces aux influences diverses, plutôt qu’à de véritables oeuvres travaillées pour former une seule entité musicale.
Impossible non plus de passer sous silence Save Me et Liquid State, deux pièces écrites et chantées par le bassiste Christopher Wolstenholme, qui y parle de ses problèmes avec l’alcoolisme. Si l’intention est louable, le résultat sonore, lui, fait ressembler Muse à n’importe quel autre groupe de rock interchangeable qui hante les ondes radiophoniques.
Vient ensuite The Second Law: Unsustainable et son dubstep. Le style a beau plaire aux adeptes de Skrillex, ce n’était certainement pas une raison pour Muse de s’y intéresser, ou encore de choisir ce morceau comme premier extrait diffusé sur le web et sur les chaînes musicales. Complètement déraciné du style habituel du groupe, ce morceau représente sans doute l’une des rares grossières erreurs musicales de Muse.
The Second Law, au final, semble quelque peu plus achevé que The Resistance, mais donne toujours l’impression d’un demi-effort. Si vous n’avez jamais entendu parler de Muse avant 2006 et Black Holes and Revelations, vous ne serez pas trop dépaysé. Mais si l’on se souvient des premiers efforts, The Second Law aura des airs de travail incomplet.
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Dans la catégorie: Culturel
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Je ne suis pas d’accord pentoute avec cette critique! Cet album n’est pas mauvais et il faut arrêter de comparer aux autres albums qu’ils ont fait! C’est justement leur but, faire différent de ce qu’ils ont déjà fait. Ils ne font que suivre les tendances et créer des chansons avec une sonorité unique qui leur appartient.