Le rythme des pertes de revenus s’accélère chez les journaux américains
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Les journaux ont beau tenter l’impossible pour limiter leurs pertes en termes de revenus publicitaires, la lente spirale descendante se poursuit, voire s’accélère aux États-Unis, où un récent rapport diffusé par Poynter a l’effet d’une douche froide sur le milieu. Ainsi, pour les journaux américains, pas question de compenser les pertes monétaires des secteurs publicitaires traditionnels; les salles de rédaction perdraient plutôt de l’argent dans une proportion d’un dollar numérique gagné pour 25 $ traditionnels perdus.
Ces statistiques publiées la semaine dernière par la Newspaper Association of America (NAA) font état de pertes de 798 millions $ US pour le premier semestre de 2012 comparativement à la même période, l’an dernier. Cet important déficit n’est qu’à peine compensé par des gains de 32 millions $ US en revenus numériques.
Déjà, dans le rapport 2012 duState of the News Media, le ratio de pertes était de 10 pour un. Si selon le journaliste Rick Edmonds les pertes publicitaires ont légèrement ralenti pour s’établir à huit pour cent pour la première moitié de 2012, ce ralentissement s’est également produit du côté des recettes numériques, pour une croissance de seulement un pour cent au premier trimestre, et 2,9 pour cent au deuxième.
Dans une entrevue téléphonique accordée à Poynter, le président de la NAA Jim Moroney a indiqué que la faiblesse de cette croissance du côté du numérique a poussé bon nombre de publications à se tourner vers d’autres sources de revenus au-delà des simples publicités.
« Pour de bonnes raisons, l’industrie est encore tournée vers les revenus publicitaires des versions papier et des publicités en ligne. Désormais, de plus en plus de journaux se concentrent sur les revenus de circulation des éditions traditionnelles et en ligne. »
En quoi consiste exactement cette nouvelle stratégie? Hé bien, la mise en place d’un mur payant est l’une des solutions les plus usitées pour tenter de récupérer une certaine partie des revenus perdus – l’équivalent des frais d’abonnement pour la version papier.
Poynter souligne toutefois que si le nombre de lecteur des versions numériques, particulièrement sur téléphone intelligent, continue de croître à un bon rythme, les revenus en ligne, eux, ont diminué dans la foulée de la récession, pour s’établir désormais à un peu plus de trois milliards $ US par année chez nos voisins du Sud. Les publicités dans les versions papier permettent encore d’obtenir des revenus d’approximativement 20 milliards $ US, tandis que les frais d’abonnement rapportent environ 10 milliards $ US.
Quel avenir pour les journaux d’ici l’an prochain? « De nombreux journaux tentent de demeurer rentables en procédant à des départs à la retraite anticipés et en licenciant. Septembre et octobre ont d’ailleurs tendance à être les deux mois où les salles de rédaction perdent le plus d’employés », écrit Rick Edmonds. Il ne reste qu’à espérer que suffisamment de publications réussissent à garder la tête hors de l’eau.
Dans la catégorie: Société
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