Plan d’action pour la diversité culturelle dans les arts: Montréal poursuit sa quête

Émilie Plante

@EmilieJolie

Métropole multiculturelle, Montréal accueille des professionnels et des étudiants de tous horizons, y compris des artistes, toutes pratiques confondues. Or, les artistes issus de la diversité culturelle sont bien peu présents dans le paysage montréalais. Voulant favoriser leur intégration et mieux promouvoir leurs talents, le Conseil des arts de Montréal (CAM) s’est donné comme mission depuis quelques années de poser des gestes concrets menant à des interventions bénéfiques pour les artistes de l’immigration.

L’entrée de la Cinquième salle, à la Place des Arts

C’est ce mardi qu’avait lieu le lancement du plan d’action pour la diversité culturelle dans les arts 2012-2015. Le CAM, fort des progrès réalisés depuis la mise en place d’une première politique en 2006, a souhaité poursuivre sa mission de soutien et d’intégration aux artistes issus de la diversité culturelle. De concert avec la Ville de Montréal et différents partenaires gouvernementaux, artistiques et médiatiques, le CAM vise à faire de Montréal une métropole « inclusive et solidaire ». Vaste projet s’il en est un, les intervenants du milieu sont toutefois d’avis que ce projet contribuera tant aux artistes issus de l’immigration qu’à la ville, qui se distingue par sa richesse artistique.

Selon Louise Roy, présidente du CAM, en insistant pour mieux reconnaître les pratiques artistiques de toutes les origines, le CAM a pris une tangente importante ces dernières années. Elle soutient également qu’il s’agit pour l’organisme d’un dossier actif dont le « bilan modeste, mais vivant » les incite à proposer encore plus de mesures pour aider le milieu artistique multiethnique à progresser.

Non seulement les artistes de la diversité sont sous-représentés, mais en plus, ils peinent à obtenir des bourses, des subventions, du financement ou des stages. En plus d’éprouver des difficultés financières, les nouveaux immigrants doivent surmonter plusieurs obstacles sociaux, notamment en ce qui a trait à la reconnaissance et aux possibilités de réseautage. Devant l’insuffisance des programmes publics existants, le CAM a choisi de remédier en partie aux lacunes en proposant divers projets prometteurs et des actions concertées pour aider les artistes à surmonter certains de ces défis.

Vers une meilleure reconnaissance

Développé en cinq axes, le plan d’action pour la diversité culturelle 2012-2015 vise avant tout à promouvoir la reconnaissance des compétences des artistes issus de l’immigration. Comme autres axes d’intervention, mentionnons également le développement professionnel, la participation, la concertation et la valorisation. Au sein même du CAM, on a tenté de donner l’exemple en augmentant la proportion de membres issus de la diversité culturelle qui siègent au conseil d’administration et qui s’impliquent activement dans des comités consultatifs.

Par ailleurs, le CAM investira 60 000 $ dans un programme nommé dém’ART-Mtl, qui effectue un travail d’accompagnement auprès de la clientèle immigrante en lui offrant la possibilité de bénéficier de stages en milieu artistique, dans des organismes établis.

L’an dernier, l’artiste iranienne Sayeh Sarfaraz a fait partie des six artistes ayant tiré profit de ce programme. Cette dernière a collaboré à un projet collectif à la galerie Les Territoires. En conférence de presse, Marie-Josée Parent, directrice générale de la galerie, a souligné que l’expérience s’est révélée hors du commun pour toutes les deux. C’est entre autres grâce au programme dém’ART-Mtl que Sayeh Sarfaraz a pu obtenir une visibilité lui permettant de percer dans un milieu artistique qu’elle a décrit comme étant très « serré ». Aujourd’hui, l’artiste s’estime heureuse d’être représentée par une galerie privée et d’avoir récemment vendu une première œuvre à un grand collectionneur québécois. Un témoignage comme celui-là confirme le succès du programme dém’ART-Mtl et l’importance d’encourager de telles actions.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis la politique proposée en 2006, mais les défis à relever sont encore nombreux. Les membres du CAM continuent de croire que l’offre culturelle doit mieux refléter leurs efforts et que les médias doivent, eux aussi, faire office de tribune publique pour les artistes issus des minorités ethniques.

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