Le bonheur des femmes expliqué par la génétique

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Une nouvelle étude a permis de découvrir un gène qui semble rendre les femmes heureuses, mais le gène en question ne fonctionne pas chez l’homme. Cette percée pourrait permettre de comprendre pourquoi les femmes sont souvent plus heureuses que les hommes, estime l’équipe de recherche.

Les femmes possèderaient un gène les rendant plus heureuses que les hommes

Des scientifiques de plusieurs institutions américaines ont rapporté que la forme de faible activité du gène monoamine oxydase A (MAOA) est associée à un sentiment de bonheur plus important chez les femmes. Aucune association du genre n’a été constatée chez l’homme.

« Il s’agit d’un premier gène du bonheur chez la femme », a déclaré le principal auteur de l’étude, Henian Chen.

« J’ai été surpris par le résultat, parce que l’activité faible du MAOA a été lié à des résultats négatifs comme l’alcoolisme, l’agressivité et des comportements antisociaux », a ajouté le chercheur qui dirige le Biostatistics Core du Clinical and Translational Sciences Institute du USF Health Morsani College of Medicine. « Le tout est même appelé « gène du guerrier » par certains scientifiques mais, chez les femmes, notre étude souligne que le gène a un bon côté. »

Si elles subissent des taux plus élevés de problèmes de comportement et d’anxiété, les femmes ont tendance à faire état d’un bonheur plus important que chez les hommes. La raison derrière cela demeure un mystère, mentionne M. Chen. « Cette nouvelle découverte pourrait nous aider à expliquer la différence entre les sexes et offrir plus d’informations sur le lien entre des gènes spécifiques et le bonheur humain. »

Le gène MAOA réglemente l’activité d’une enzyme qui décompose la sérontine, la dopamine et d’autres neurotransmetteurs dans le cerveau, soit les mêmes produits chimiques « rendant heureux » qui sont ciblés par les antidépresseurs. La version à faible activité du gène MAOA favorise des niveaux plus élevés de monoamine, qui permet à son tour à un plus grand nombre de ces neurotransmetteurs de demeurer dans le cerveau et d’améliorer l’état du comportement.

Lors de leurs tests, les chercheurs ont découvert que les femmes possédant le gène MAOA sous une faible forme expressive était plus heureuse que les autres, et bien que de nombreux hommes possèdent le gène dans sa «bonne» forme, ils ne se sentent pas plus heureux que les hommes ne possédant pas la bonne expression du gène.

Alors, pourquoi existe-t-il une différence génétique entre les deux sexes dans ce contexte?

Les chercheurs avancent l’hypothèse que cette différence pourrait partiellement être expliquée par la présence de l’hormone testostérone, qui se retrouve en quantités beaucoup plus faibles chez les femmes que chez l’homme. M. Chen et ses collègues suggèrent que la testostérone pourrait annuler l’effet positif du MAOA sur le bonheur des hommes.

Les bénéfices potentiels du MAOA chez les garçons pourraient disparaître alors que les niveaux de testostérone augmentent à la puberté, a poursuivi le chercheur. «Les hommes sont peut-être plus heureux avant l’adolescence parce que leurs niveaux de testostérone sont plus faibles.»

M. Chen précise par ailleurs que des études supplémentaires sont nécessaires pour identifier précisément les gènes qui influencent le bonheur chez l’humain, d’autant plus que ce facteur comportemental n’est en aucun cas déterminé par un seul gène, mais plutôt par une série d’entre eux qui, avec les événements vécus, agissent sur les niveaux de bonheur individuels.

 

Dans la catégorie: Science et EnvironnementScience et Technologie

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