Les audiences sur le projet Northern Gateway tirent à leur fin

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La phase des audiences environnementales concernant le projet d’oléoduc Northern Gateway entre dans son dernier droit; l’Office national de l’énergie (ONÉ) a annoncé mercredi que les questions des audiences finales débuteront ainsi le 4 septembre à Edmonton, en Alberta. Les questions qui seront alors abordées à Edmonton sont celles de la nécessité du projet au plan économique, de ses retombées commerciales possibles ainsi que des droits et des facteurs financiers. L’audience à Edmonton est prévue du 4 au 8 septembre, puis du 17 au 28 septembre.

Une manifestation contre le projet Northern Gateway. Photo : The Toronto Star

Cette étape finale survient à la suite d’un processus particulièrement long et chargé d’émotion, alors que s’affrontent organismes environnementaux et habitants de la Colombie-Britannique d’un côté, opposés à Enbridge – la compagnie derrière le projet – et au gouvernement conservateur. Considéré à Ottawa et en Alberta comme la consécration du marché asiatique comme nouveau débouché du pétrole issu des ables bitumineux (et alors que le projet Keystone XL de la compagnie TransCanada est toujours perdu dans les limbes administratives américaines), le projet d’oléoduc double soulève des craintes de nature politique, financière et environnementale dans la province bordant l’océan Pacifique et ailleurs au pays.

Cet oléoduc, qui doit partir des gisements de sables bitumineux du nord de l’Alberta pour se rendre entre autres à Kitimat, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, où le pétrole sera chargé à bord de superpétroliers à destination du marché chinois, suscite les inquiétudes des habitants de la région, y compris les communautés autochtones. Kitimat est un petit village situé en bordure d’un détroit saturé d’îles, plaident-ils, et il y serait extrêmement difficile d’y nettoyer un déversement pétrolier si un pétrolier venait à s’échouer ou à provoquer une fuite dans des eaux qualifiées de « pures ».

L’aspect financier de l’entente est également controversé. Comme le rapportait Le Devoir au début du mois, fin juillet, la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a prévenu son homologue albertaine, Alison Redford, qu’elle ne permettrait pas qu’un oléoduc traverse sa province sans obtenir en échange sa part des redevances.

Le ministre fédéral du Patrimoine James Moore, lui-même originaire de Colombie-Britannique, a d’ailleurs fait part de ses craintes à l’idée que « juste parce que la Colombie-Britannique est physiquement la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, ça ne veut pas dire que nous ne sommes que le paillasson d’entreprises comme Enbridge ». Des propos, stipule Le Devoir, que le bureau du premier ministre Stephen Harper avait refusé de commenter.

À la suite des audiences publiques, la commission d’examen conjoint pour le projet Northern Gateway évaluera les effets environnementaux du projet envisagé et examinera la demande en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (2012) et de la Loi sur l’Office national de l’énergie. Rappelons que dans son plus récent budget, le gouvernement conservateur a modifié certaines dispositions en matière environnementale pour accélérer le processus d’évaluation environnementale de projets comme Northern Gateway.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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