Les livres électroniques plus vendus que les exemplaires papiers un peu partout
Hugo Prévost
@HugoPrevost
Si le livre numérique a longtemps semblé être – et est sans doute toujours – une menace envers le livre imprimé, force est d’admettre que la multiplication des tablettes numériques, téléphones intelligents et autres liseuses électroniques a provoqué un fort regain d’intérêt envers la lecture sous toutes ses formes. Preuve intangible d’une modernité qui s’affranchit de certains concepts physiques immémoriaux, les livres numériques se vendent désormais plus que les livres papier, et ce autant aux États-Unis qu’en Grande-Bretagne, deux des principaux marchés du livre anglophone.

Les ventes de livres électroniques surpassent désormais celles des livres papiers aux États-Unis et en Angleterre
Dans un article paru la semaine dernière dans l’édition numérique du quotidien The Guardian, la division britannique de la chaîne Amazon annonçait que les ventes de ses livres numériques pour liseuses Kindle dépassaient désormais ses ventes de livres en format papier. Il y a sans doute loin de la coupe aux lèvres, et la fin du livre imprimé n’est certainement pas pour demain, mais le fait est que deux ans après avoir lancé le Kindle en terre anglaise, les clients d’Amazon préféraient désormais acheter leurs ouvrages en version électronique, plutôt qu’en grand format cartonné ou en format poche mis ensemble.
Selon des données non officielles divulguées lundi de la semaine dernière, il se vendrait ainsi 114 livres électroniques pour 100 livres papier sur le site web du détaillant en ligne, et ce depuis le début de l’année. Dans ses totaux, Amazon UK inclut les ventes de livres papier sans édition numérique, mais exclut les livrels gratuits, précise The Guardian.
L’entreprise a par ailleurs stipulé que les utilisateurs britanniques du Kindle achetaient quatre fois plus de livres qu’ils ne le faisaient avant de posséder une liseuse numérique, une tendance qu’Amazon a décrite comme étant une « renaissance » de la lecture. La compagnie doit cependant se garder contre les accusations de vente de livres à perte, alors que plus d’un demi-million d’ouvrages sont vendus à moins de 10 $ sur sa plateforme britannique.
La tendance n’est cependant pas nouvelle. Le nombre de livres électroniques vendus ne cesse d’augmenter depuis l’apparition des premières liseuses, et l’engouement s’est accru lors de l’apparition des plateformes de lecture sur téléphones intelligents et tablettes numériques. Déjà, en juin, l’Association of American Publishers annonçait que les ventes de livrels dépassaient ainsi les ventes de livres papier au pays de l’Oncle Sam. Depuis le premier trimestre 2011, les ventes de livrels pour adultes auraient ainsi bondi de 28,4 pour cent pour s’établir à 282,3 millions $ US.
Les livres jeunesse, quant à eux, se sont écoulé à un rythme 2,33 fois plus rapide pour la même période, soit une progression de 233 pour cent, à 64,3 millions $ US. Aucun signe, donc, que le commerce des livres électroniques soit appelé à faiblir, ou encore moins à disparaître. Cela ne veut cependant pas dire non plus que les livres papiers se vendent moins, mais plutôt que l’engouement envers la lecture se fait plus fort, dès lors que l’on a plus à traîner un gros tome dans le métro, dans l’autobus, ou sur le bord de la piscine…
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