La dysenterie favorisée par… la lutte contre la dysenterie

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Des chercheurs ont découvert qu’une bactérie ayant fait son apparition il y a plusieurs siècles en Europe se répand désormais à l’échelle mondiale dans des pays vivant un développement et une industrialisation rapides. Contrairement à d’autres maladies provoquant des diarrhées, toutefois, celle-ci ne peut pas être guérie en ayant accès à de l’eau propre. Tandis que les pays en développement s’industrialisent davantage, le nombre d’infections de la bactérie Shigella flexneri causant la dysenterie diminue en lien avec une amélioration des conditions de santé, de style de vie et un accès à de l’eau propre, mais l’impact d’une autre bactérie causant cette maladie, Shigella sonnei, augmente.

La bactérie Shigella sonnei

Une équipe de recherche a constaté que cette dernière bactérie s’est tout d’abord installée en Europe il y a quelques siècles, mais s’est répandue à travers le monde lors des récentes décennies. Les scientifiques ont par ailleurs découvert que le facteur clé de cette diffusion de la bactérie était la capacité de résister à plusieurs médicaments, y compris divers antibiotiques. Puisque S. sonnei se transmet facilement et résiste facilement aux médicaments, les chercheurs suggèrent que de meilleurs médicaments et de meilleures conditions sanitaires ne seront pas suffisants pour contrôler la maladie. Il sera plutôt nécessaire de développer un vaccin.

La dysenterie est une maladie principalement associée aux pays en développement et plus d’un million de personnes, dont une majorité d’enfants, meurent de la maladie provoquée par la bactérie Shigella chaque année. Alors que beaucoup de gens connaissent la maladie, très peu ont entendu parler de la bactérie comme telle, puisque celle-ci est relativement peu étudiée et peu de choses sont connues à propos de la structure de sa population ou de ses origines

« Bien que S. sonnei soit une espèce de bactéries relativement nouvelle, elle s’est diversifiée, lors de son expansion, en une série de clones ou de souches partout sur la planète », a déclaré la Dre Kathryn Holt, la première auteure de l’étude. « C’est difficile à vérifier avec des méthodes traditionnelles, mais en effectuant le séquençage des génomes de plus de 100 formes différentes de la bactérie, nous pouvons remonter dans son passé et véritablement commencer à comprendre la façon dont elle a évolué et s’est propagée sur la planète. »

Au dire de l’équipe de recherche, c’est véritablement la résistance aux médicaments qui a permis à cette variété de bactérie de prospérer et de se multiplier. Pas question, donc, de mettre au point de nouveaux antibiotiques pour en venir à bout.

« L’un des Objectifs du millénaire est d’améliorer l’accès à l’eau potable et de réduire les maladies transmises par l’eau, un but particulièrement important, explique le professeur Nicolas Thomson, un autre auteur de l’étude. Cela pourrait avoir l’effet imprévu d’accroître le nombre d’infections à la bactérie S. sonnei dans les pays en voie de transition. » M. Thomson réitère ainsi la nécessité de développer un vaccin.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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