Un robot casse-cou s’approche de Mars

Hugo Prévost

@HugoPrevost

L’agence spatiale américaine (NASA) et ses partenaires internationaux sont à quelques jours d’accomplir un véritable exploit à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de la Terre : la sonde Curiosity, lancée en novembre dernier, doit se poser sur Mars à 1h31, dans la nuit de dimanche à lundi, marquant ainsi le début des opérations du plus grand robot mobile jamais envoyé à la surface de la planète rouge. L’engin cherchera entre autres à évaluer la capacité martienne d’abriter la vie. La communauté scientifique se croise les doigts et espère que tout se passera bien.

Représentation artistique du robot Curiosity. Photo : NASA

La chance pourrait toutefois décider de ne pas sourire à Curiosity; après tout, le robot, de la taille d’une petite voiture, est trop gros et trop lourd pour que la NASA utilise la technique habituelle servant aux atterrissages sur Mars, soit le déploiement d’un parachute, puis l’activation d’une série de coussins d’air entourant la sonde, qui rebondit alors sur le sol martien avant de s’immobiliser. Pour Curiosity, les chercheurs ont dû mettre au point un système complexe de fusées et de câbles qui ressemblera au final à une grue déposant son chargement sur Mars avant de s’éloigner.

Du côté de la NASA, on appelle cette phase les « sept minutes de terreur », du nom de la durée de temps s’écoulant entre l’entrée dans l’atmosphère martienne et le moment où la sonde doit toucher le sol. Le hic? Le signal radio doit voyager pendant 14 minutes pour franchir la distance séparant la sonde de la Terre. Les ingénieurs et les scientifiques devront ainsi espérer que tout fonctionne correctement, sans pouvoir changer quoi que ce soit à la procédure de descente. La NASA a d’ailleurs produit une vidéo sur la question :

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Outre l’aspect spectaculaire de son atterrissage, la sonde Curiosoty aura pour mission d’explorer les abords du cratère Gale afin d’analyser non seulement la composition du sol dans la région, mais également de déterminer – entre autres – si l’endroit a déjà abrité la vie, ou s’il pourrait le faire un jour. Pendant les 23 mois suivant son arrivée sur Mars, ce laboratoire mobile devrait explorer une plus grande partie de la surface martienne que tout autre robot s’étant déjà posé sur cette planète voisine de la nôtre.

Lors d’un point de presse organisé plus tôt cette semaine, divers chercheurs rattachés au projet étaient d’ailleurs fébriles à l’idée de disposer de tant d’instruments perfectionnés installés sur une machine capable de se déplacer sur de longues distances. L’un d’eux, Richard Léveillée, de l’Agence spatiale canadienne, est curieux d’en apprendre davantage sur le potentiel biologie du site, et de mieux comprendre le rôle joué par l’eau dans la région. Selon un autre chercheur, Mars se situe, sur un plan géologique, à mi-chemin entre la Lune et la Terre, ce qui ouvre grande la voie à des recherches intensives sur l’évolution de cette planète, mais également sur celle de la Terre. Comme Mars est toujours une planète active – contrairement à ce que les scientifiques ont longtemps pensé -, il sera également possible d’examiner en détail le fonctionnement sismique et géologique de la planète rouge.

La NASA n’oublie cependant pas l’une des quêtes ultimes de l’exploration de Mars: la planète rouge a-t-elle déjà abrité la vie, ou l’abrite-t-elle en ce moment? Pour répondre à cette question, toutefois, Curiosity ne suffira pas à la tâche. « Il nous faudrait un réseau de robots, des dizaines, voire des centaines de robots sur toute la surface de Mars pour y arriver. En attendant, la prochaine étape est de préparer une mission pour rapporter des échantillons de sol martien », plaide un autre chercheur. Et cette nouvelle mission s’annonce encore plus ambitieuse – et complexe! – que Curiosity.

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Commentaires (1)

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  1. stefbrau dit :

    2 milliard le robot! Ou une journée de bombardement en Lybie. On croise les doigts…

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