Les partisans de la paix en Syrie perdent leur plus farouche ambassadeur

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La poursuite du conflit syrien aura fait une autre victime, de grande importance diplomatique celle-là: l’envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan a annoncé jeudi sa démission, tout en affirmant que le peuple syrien avait « désespérément besoin que la situation évolue ». Il n’a pas non plus mâché ses mots envers le Conseil de sécurité, qu’il critique pour ne réussir qu’à « pointer du doigt et à se traiter de tous les noms ». Pendant ce temps, les combats se poursuivent à Alep et ailleurs au pays entre les rebelles et les forces gouvernementales.

Le plan de paix en six points de Kofi Annan n’a jamais été entièrement respecté en Syrie. Photo : The Telegraph

M. Annan avait, il y a plusieurs mois de cela, présenté un plan de paix en six points pour la Syrie, destiné à faire cesser les combats et à favoriser une résolution pacifique du conflit. Ledit plan n’a cependant jamais été entièrement respecté par l’une ou l’autre des parties en présence, et les violences se sont poursuivies, faisant aujourd’hui plus de  20 000 mots selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Selon la BBC, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a annoncé que M. Annan ne renouvellerait pas son mandat lorsque celui-ci viendrait à échéance à la fin août. Il dit avoir accepté « avec beaucoup de regrets » la démission de M. Anna.

S’exprimant devant des journalistes à Genève, M. Annan a déclaré que l’augmentation de la militarisation en Syrie et le « manque flagrant d’unité » au sein du Conseil de sécurité avait « fondamentalement modifié les circonstances pour que son rôle puisse être exercé de façon efficace ».

Les membres permanents du Conseil de sécurité, disposant tous d’un droit de veto, se sont en effet avérés incapables de parvenir à un consensus sur une résolution en vue de mettre fin aux combats. La Chine et la Russie ont tous deux opposé une fin de non-recevoir à trois résolutions différentes, affirmant s’opposer à toute action qui pourrait être considérée comme une volonté de faire tomber le régime de l’extérieur.

Toujours selon la BBC, M. Annan n’a pas exclu la possibilité qu’un autre médiateur le remplace, affirmant que « le monde est rempli de gens fous comme moi, alors ne soyez pas surpris si quelqu’un d’autre décide de s’attaquer au problème ». Il a toutefois précisé qu’un successeur pourrait choisir une nouvelle approche, ajoutant que l’accent demeurait sur une transition politique, affirmant que le président syrien « devra partir à un moment ou à un autre ».

Ban Ki-moon, de son côté, demeure convaincu que « davantage de morts n’est pas la réponse; chaque jour de combats ne fera que rendre la solution plus difficile tout en amenant davantage de souffrances dans le pays et davantage de péril dans la région ».

« La main tendue pour en finir avec la violence et en faveur du dialogue et de la diplomatie, tel qu’indiqué dans le plan en six points, n’a pas été saisie pour l’instant, bien qu’il reste encore de l’espoir pour le peuple de Syrie. »

 

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