Le service Bixi s’attire les foudres de l’opposition montréalaise
Hugo Prévost
@HugoPrevost
Les deux partis d’opposition à l’hôtel de ville de Montréal ont effectué une double sortie contre la gestion du service de location de vélo Bixi, cette semaine, exigeant de l’administration Tremblay une plus grande transparence alors que les rapports financiers vérifiés pour l’année 2011 du service n’ont toujours pas été divulgués, un mois après la date prévue.
Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, le deuxième parti d’opposition, a ainsi estimé qu’il était anormal que l’organisme à but non lucratif « le plus riche en ville » n’ait toujours pas publié ses informations financières pour la dernière année. « Il n’est pas normal que SVLS (la Société de vélo en libre-service, qui gère les installations et les vélos de Bixi), qui bénéficie des largesses de l’administration Tremblay-Applebaum, tiennent les Montréalais dans l’ignorance« , a déclaré M. Bergeron.
En 2011, la Ville de Montréal a procédé au rachat de la dette de 38 millions $ de Bixi à Stationnement Montréal et, de surcroît, a offert une garantie bancaire de 71 millions $ additionnels pour le développement à l’international de Bixi, rappelle M. Bergeron par voie de communiqué.
Dotée d’un conseil d’administration où ne siègent pas d’élus montréalais, mais uniquement le directeur du service des finances, cette OBNL bénéficie maintenant d’un véritable chèque en blanc de la Ville, déplore-t-il.
« Le mirage de la profitabilité de Bixi doit cesser. À ce jour, les opérations de Bixi ont été déficitaires année après année… sans compter l’énorme dette résultant de l’investissement initial. En conseil de Ville, Gérald Tremblay a évoqué un faible déficit d’opération pour 2011 et des profits pour 2012. Compte tenu de la poursuite dont fait l’objet SVLS et des imbroglios reliés au volet international, il est temps que le Conseil de ville et les Montréalais aient l’information juste sur Bixi et y mettent de l’ordre. Considérant les montants en jeu pour la Ville de Montréal, nous ne pouvons plus nous fier aux belles paroles de Gérald Tremblay, Roger Plamondon ou Alain Ayotte », a ajouté Richard Bergeron.
Au dire du chef de Projet Montréal, les Bixis seraient par ailleurs entreposés pour l’hiver dans un hangar privé appartenant à une entreprise dont Roger Plamondon est le vice-président.
La deuxième opposition réclame par ailleurs que la SVLS soit soumise à la Loi d’accès à l’information, afin d’augmenter l’imputabilité de l’entreprise.
Vision Montréal préoccupée par New York
Du côté de l’opposition officielle, le parti de Louise Harel se dit quant à lui inquiet quant aux déboires survenus lors du lancement de la version new-yorkaise du service Bixi, alors que le logiciel de contrôle – différent de celui développé à Montréal – a connu des ratés.
« Le 6 juillet dernier, nous avons transmis par écrit notre questionnement au Vérificateur général portant sur le choix sans appel d’offre de la firme américaine Personica de Boston et de la perte conséquente d’emplois dans le secteur névralgique des technologies de l’information compte tenu de l’abandon de la firme 8D Technologies », a déclaré Mme Harel. Le même questionnement a été transmis à M. Robert Lamontagne, directeur principal au service des finances à la ville de Montréal en tant que membre du conseil d’administration de la Société de vélo en libre-service.
Vision Montréal dit par ailleurs dénoncer le secret qui entoure l’administration de BIXI, et continue à réclamer que l’administration Tremblay rende public l’inventaire de la totalité des activités reliées à l’exportation du BIXI, de même qu’à la vente éventuelle de ces activités. « Maintenant que le ministre Lessard est disposé à accommoder la Ville pour être en mesure de garder les activités de Bixi au sein de la SVLS et ainsi garder le volet international de Bixi à Montréal, le maire de Montréal a un devoir de transparence à l’égard de l’avenir qu’il réserve à la SVLS de même que celui du président démissionnaire, M. Roger Plamondon, au sein de l’organisation », a dit Mme Harel.
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