Fantasia – Devenir riche ? Facile ! Il suffit d’une tige de fer dans la tête…

Hugo Prévost

@HugoPrevost

L’heure était au programme double, mercredi soir au festival Fantasia, alors que les organisateurs présentaient deux films en huis clos dans la salle Hall de l’Université Concordia. Après le mystérieux long-métrage Resolution, le réalisateur Alex de la Iglesia présentait As Luck Would Have It, un long-métrage dramatique s’appuyant sur la très réelle crise de l’emploi dans une Espagne exsangue à la suite de ses problèmes en termes de dette nationale.

Photo : Fantasia

La péninsule ibérique est en crise, donc, et Roberto, concepteur publicitaire vivotant sur le chômage depuis déjà trop longtemps, veut retrouver sa gloire perdue. N’ayant pas pu trouver d’emploi dans la firme de son ancien collègue et ami, il en arrivera, après un concours de circonstances malencontreuses, à chuter dans un ancien théâtre romain pour finalement s’empaler sur une tige de métal qui lui pénètrera le cerveau.

Coincé au sol, mais désirant profiter de sa nouvelle popularité, il tentera de négocier des ententes de publicité, histoire de pourvoir aux besoins de sa famille, et ce même s’il finit par mourir. Le personnage interprété par Jose Mota, sentant sans doute la fin arriver, abandonnera ainsi quasiment toute volonté de survie, n’étant plus guidé que par l’appât du gain.

Pastiche d’une société obsédée par l’image, la célébrité et le placement de produits, As Luck Would Have It tente toutefois d’en faire trop. Les histoires personnelles des protagonistes se télescopent rapidement, et on perd bientôt le sens du scénario et du déroulement de l’histoire. Difficile, en fait, de ne pas faire un lien avec 99 francs, cette parodie drôle-amère du monde de la publicité qui avait été superbement menée par Jean Dujardin au grand écran. Ici, toutefois, le résultat est mal ficelé, trop précipité, ou peut-être simplement pas assez cynique? Il y a certainement quelques bons coups, comme cet agent qui insiste pour qu’une caisse de boisson alcoolisée soit visible sur les plans des caméras, ou ce président de chaîne télévisée dont l’appartement est rempli de jeunes femmes en sous-vêtements, mais cela ne va pas plus loin.

Ne pouvant pas quitter le lieu de l’accident, le réalisateur semble chercher à gagner du temps en tournant en rond et en offrant certains personnages unidimensionnels, tels le maire, ou encore la directrice du théâtre romain, qui craindra pendant longtemps que les équipes de secours n’abîment ses précieuses pierres vieilles de 2000 ans.

As Luck Would Have It, en fait, constitue ce genre de films qui devrait passer directement en format DVD. Pas assez revendicateur, pas assez touchant… et on se demande bien ce que Salma Hayek est venue faire dans un imbroglio pareil!

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2012Festival

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