L’espoir environnemental renaît à Halifax

Hugo Prévost

@HugoPrevost

Halifax, terre d’espoir? Le Conseil de la fédération, qui s’y réunit à compter de mercredi, semble du moins offrir aux premiers ministres des provinces et des territoires, comme aux organismes environnementaux et aux acteurs civils, une nouvelle occasion de se rassembler en un seul endroit pour discuter sérieusement de l’avenir énergétique du pays. Alors que les leaders gouvernementaux y discuteront également de l’intransigeance d’Ottawa dans certains dossiers, dont les transferts de fonds en santé, la question d’une éventuelle stratégie énergétique pancanadienne sera sur toutes les lèvres, et il se pourrait bien que les énergies renouvelables y trouvent leur place.

La ville d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Photo : gouvernement de Nouvelle-Écosse

Voilà du moins l’ambition de l’organisme Blue Green Canada, qui invite ainsi les groupes de protection de l’environnement et les partisans des énergies renouvelables et vertes à accepter l’invitation à discuter lancer par la première ministre albertaine Alison Redford. Dans une déclaration transmise mercredi matin, Blue Green Canada dit ainsi souhaiter que la rencontre du Conseil de la fédération marque le début d’un véritable dialogue sur les besoins énergétiques du Canada.

Entité la plus importante du genre au pays, Blue Green réunit  syndicats et environnementalistes, lesquels ont souvent été en conflit par le passé. Son objectif consiste à démontrer comment les emplois de qualité et la protection de l’environnement vont de pair et à elle vient de signaler qu’elle souhaite prendre part au dialogue sur la stratégie de l’énergie canadienne que la première ministre Redford souhaite amorcer.

Pour montrer son appui, l’alliance a fait paraître une publicité dans le journal Halifax Chronicle Herald accueillant favorablement le dialogue national sur l’énergie. Outre les cinq membres de l’alliance, huit autres syndicats et groupes environnementalistes de partout au Canada ont donné leur aval à cette publicité.

« Nous représentons les travailleurs de l’industrie pétrolière, a déclaré Dave Coles, président du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP). Mais nous ne voulons pas une stratégie de l’énergie étroite qui se limite seulement à l’industrie pétrolière, puisqu’elle s’appliquerait à un trop petit nombre d’emplois et à de trop fortes émissions. »

« Le moment est venu d’engager un véritable dialogue sur un plan énergétique qui fonctionne pour la plupart des Canadiens maintenant et pour l’avenir. J’espère donc que les premiers ministres acceptent l’invitation à discuter proposée par la première ministre Redford de sorte que les Canadiens puissent déterminer si la croissance sauvage des champs de pétrole permettrait d’y parvenir ou s’il existe une meilleure solution. »

Même son de cloche du côté de Rick Smith, directeur général d’Environmental Defence, qui se dit favorable à une participation des syndicats et des organismes voués à la protection de l’environnement au dialogue entourant la création d’une stratégie créant des emplois de qualité et permettant de réduire les émissions polluantes.

Tout n’est cependant pas parfait en ce qui concerne cette fameuse stratégie énergétique pan-canadienne, et ce même si un comité sénatorial à majorité conservatrice a donné son aval à la mise sur pied d’une telle entente nationale; la première ministre Redford et son homologue de la Colombie-Britannique, Christy Clark, sont en effet à couteaux tirés depuis quelques jours, alors que le gouvernement de Victoria réclame une part plus grande des bénéfices découlant du projet d’oléoduc Northern Gateway avant de donner ou non son aval à l’entreprise. Cet oléoduc, proposé par Enbridge au coût d’environ 5,5 milliards $, doit transporter du pétrole des sables bitumineux albertains à la côte britanno-colombienne pour y être ensuite expédié en direction des marchés asiatiques énergivores.

Dans une déclaration publiée mardi, Mme Redford soutient que le fait de renégocier le partage des bénéfices du projet équivaudrait à rouvrir la Constitution. Mme Clark rétorque que puisque la Colombie-Britannique assumera une grande partie des risques environnementaux, elle devrait avoir droit à davantage de bénéfices que les près de huit pour cent prévus au contrat, ce qui équivaudrait à environ sept milliards $ sur 30 ans.

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