Fantasia – La vengeance est un plat qui se mange avec des baguettes

Hugo Prévost

@HugoPrevost

Il est de ces films qui marquent; si le festival Fantasia offre à chaque année une cargaison de bons films, mais aussi de longs-métrages moyens, voire quelques navets, le rendez-vous annuel des cinéphiles en tous genres est également capable de surprendre et d’offrir une pièce d’anthologie. Pour cette édition 2012 riche de 160 films, Sushi Girl part avec une (très) grande longueur d’avance pour s’imposer comme un incontournable du cinéma.

Photo : Sushi Girl Films

Sushi Girl, donc, premier long-métrage du réalisateur Kern Saxton, qui a réussi à rassembler une distribution extraordinaire, qu’il s’agisse des rôles principaux ou secondaires, le tout dans un huis clos joué à la quasi-perfection dans un style ressemblant fortement à celui de Quentin Tarantino. Un véritable délice cinématographique.

Cela fait six ans que le vol a eu lieu. Six ans que Fish ferme sa gueule et moisit en prison pour un crime qu’il a commis, certes, mais dans le cadre duquel il n’a pas vendu ses partenaires. Lors de l’opération, toutefois, les diamants convoités ont disparu sans laisser de traces. De quoi alimenter les suspicions pendant longtemps, et pousser le chef de la bande, Duke (Tony Todd, impressionnant), à organiser des « retrouvailles » qui tourneront bien vite au règlement de comptes sanglant. Autour d’une table remplie de sushis savamment disposés sur le corps d’une jeune femme offerte à tous, les anciens collègues ressasseront d’anciennes histoires, alors que chacun suspecte l’autre d’avoir les yeux sur sa part du butin.

Sushi Girl se démarque tout d’abord avec ses personnages. Aux côtés de Noah Hathaway (L’histoire sans fin, hé oui), James Duval et Cyrus Alexander, on retrouve Mark Hamill, (trop?) connu pour le rôle de Luke Skywalker dans Star Wars, qui sort ici complètement de son personnage pour interpréter un névrosé prenant un malin plaisir à commettre des actes de torture sur autrui.

Par ailleurs, soulignons la présence d’acteurs connus occupant des petits rôles, comme Danny Trejo, Sonny Chiba et Michael Biehn. On n’en doute pas un instant, tous semblent être de grands amis qui ont accepté de donner de leur temps pour réaliser ce projet un peu fou. Outre les acteurs, d’ailleurs, le réalisateur se base sur une esthétique particulièrement léchée, aux airs de la réunion des Yakuzas dans Kill Bill.

Si l’influence de Quentin Tarantino se fait d’ailleurs sentir tout le long du film, il ne faut cependant pas considérer Sushi Girl comme un pastiche, un hommage ou encore une imitation. Les thèmes sont semblables, mais le résultat est unique, avec un mélange de visuels et d’interprétation digne d’un classique intemporel.

Bien entendu, le film n’est pas destiné aux coeurs sensibles, et encore moins aux enfants, et si l’excès de violence fait quelques fois grincer des dents, il ne s’agit pas non plus de torture porn, ou encore de violence gratuite. Tout y est plutôt dosé pour offrir la meilleure expérience cinématographique possible.

Sushi Girl est à la fois un délicat ballet entre les nombreux personnages et des explosions momentanées de folie qui surprennent et intriguent. En bref, donc, un fantastique départ pour Fantasia, et l’occasion de constater qu’il n’y a nul besoin d’explosions ou de seins siliconés pour produire un excellent film américain.

Dans la catégorie: À la uneCulturelFantasia 2012Festival

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.