Fantasia – Headshot, le film qui fait tourner la tête

Hugo Prévost

@HugoPrevost

Le festival de films Fantasia entamait jeudi soir sa 16e édition, forte cette année de 160 longs-métrages, et ce sans compter les événements spéciaux, les courts-métrages, les conférences, les ateliers… Alors que la soirée débutait avec For Love’s Sake, c’est plutôt le film thaïlando-français Headshot qui a retenu l’attention de l’équipe de Pieuvre.ca. Film d’action, mais également film contemplatif, Headshot offre 104 minutes inégales, mais qui entament bien cette nouvelle édition d’un festival toujours haut en couleurs et en rebondissements.

L’affiche du film Headshot

Tul est un bon policier. Vertueux, agile, rapide avec son arme, il tente de débarrasser la Thaïlande de l’oppression et de la corruption qui y règne depuis trop longtemps. Lorsque son partenaire est tué et qu’il s’en prend à un ministre influent, toutefois, les puissantes mâchoires de l’appareil répressif et criminel se referment subitement sur lui, sans coup férir. Pris au piège, victime de chantage, il passera trois ans en prison, où il fera connaissance avec le Démon, un ex-criminel persuadé que les corrompus, les criminels et les truands doivent périr pour que l’ordre et la justice puissent être restaurés dans la société. Il deviendra alors tueur à gages, jusqu’à ce qu’il reçoive une balle en pleine tête, et qu’il commence littéralement à voir le monde à l’envers.

Headshot est une histoire de rédemption, mais également d’expiation. Le personnage de Tul (Nopachai Chaiyanam) est hanté par son sens du devoir, mais surtout son sens de la justice. À l’opposé de Batman, par exemple, qui est guidé par des principes plus grand que sa propre personnalité et son propre esprit, Tul est toutefois uniquement guidé par ses instincts. Poussé dans ses derniers retranchements, il aura l’impression de faire une différence dans le monde en assassinant des grands noms du monde interlope thaïlandais.

L’idée de faire le bien en créant le mal est cependant peu exploitée, et tout l’aspect de la rédemption tombe un peu à plat, alors que Tul passera davantage de temps à se battre et à fuir qu’à s’interroger sur le sens profond de son existence. L’ajout de certains aspects humoristiques, insérés pour détendre l’atmosphère, contribuent malheureusement à casser l’ambiance et à empêcher les spectateurs de véritablement s’immerger dans une quête qui n’est que peu expliquée au final. Le petit côté spectaculaire introduit par l’aspect « vision à l’envers » est lui aussi laissé de côté, alors que la description du film en fait grand cas.

Si l’aspect visuel est quelques fois superbement réussi, comme les scènes en caméra subjective, et certains plans pouvant faire école, le scénario, lui, est donc incapable de soutenir un film d’une telle longueur. Plusieurs incohérences et une finale tarabiscotée au possible viennent hélas saper le capital de sympathie que le film réussit autrement à se bâtir.

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2012Festival

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