Les armes nucléaires et les changements climatiques ont plus en commun que vous ne le pensez

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Le test d’armes nucléaires peut tout d’abord sembler n’avoir que peu à voir avec les recherches sur les changements climatiques, mais d’importants laboratoires de recherche datant de la Guerre froide et les principes scientifiques utilisés pour surveiller la radioactivité et prédire les explosions atomiques ont aujourd’hui été récupérés par les chercheurs sur le climat.

Un test nucléaire français dans le Pacifique Sud. Les modèles mis au point pour surveiller les déplacements des retombées radioactives ont été repris pour analyser les changements climatiques

Dans un article publié dans l’édition de juillet-août du Bulletin of the Atomic Scientists, l’historien Paul Edwards de l’Université du Michigan note que la science du climat et le test des armes nucléaires ont eu une relation particulièrement étroite, et ce depuis longtemps. Dans la foulée du désastre de Fukushima, par exemple, l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a surveillé la progression des fumées radioactives émanant des réacteurs nucléaires japonais endommagés à l’aide de son réseau mondial de stations de surveillance et de modèles informatisés créer pour suivre la trace des retombées radioactives crées par les tests d’ogives, explique M. Edwards.

Les méthodes utilisées pour suivre à la trace la radiation alors qu’elle se déplace dans l’atmosphère ont toutefois des applications qui vont bien au-delà de l’industrie nucléaire. Suivre les évolutions du carbone radioactif alors qu’il circule dans l’atmosphère, les océans et la biosphère a été crucial pour comprendre les changements climatiques anthropogéniques.

Des modèles mathématiques aux racines provenant du monde nucléaire ont également trouvé une place dans las boîtes à outils des scientifiques environnementaux. Les premiers modèles climatiques mondiaux se basaient sur des méthodes numériques, semblables en de nombreux points à ceux développés par les concepteurs des armes nucléaires pour résoudre les équations de la dynamique des fluides nécessaires pour analyser les ondes de choc produites lors des explosions atomiques.

La recherche sur les armes nucléaires a également permis d’en apprendre davantage sur le dioxyde de carbone, qui fait augmenter la température terrestre, ainsi que sur les aérosols, qui la font diminuer. Sans ces modèles climatiques, les chercheurs et les leaders politiques n’auraient pas compris toute la portée de la puissance destructrice des armes nucléaires non seulement contre les humains, mais également contre d’autre espèces.

Des installations construites durant la Guerre froide, y compris des laboratoires américains bâtis pour créer des armes, utilisent désormais leurs surperordinateurs, leur expertise scientifique et leur capacité de gestion de grandes quantités de données pour combattre des changements climatiques potentiellement catastrophiques.

« Aujourd’hui, ces laboratoires construits pour créer l’arsenal le plus terrifiant de l’Histoire font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher une autre catastrophe – cette fois crée non pas par des gouvernements en guerre, mais par des millions de gens ordinaires vivant des existences ordinaires au sein d’une économie basée sur l’énergie que nous devons réinventer », affirme M. Edwards.

Dans la catégorie: Science et EnvironnementScience et Technologie

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