Un important festival musical mystérieusement interrompu en Afrique

Léonce Bitariho, correspondant en Afrique

La première édition d’un festival I Muhira Festival (« chez nous ») tenue dans la capitale du Burundi, Bujumbura, a abruptement pris fin, la fin de semaine dernière, alors que des circonstances nébuleuses ont forcé la fin des festivités après seulement deux jours, alors que l’événement devait en durer quatre. Les rumeurs les plus folles circulent dans la ville, alors que les musiciens des cinq pays invités sont rentrés chez eux, souvent sans avoir même pu jouer une note.

Le duo Radio et Weasel, qui devaient participer au festival

Tout avait pourtant bien débuté, alors qu’une compagnie étrangère avait fait venir un impressionnant décor de l’Ouganda, dans le cadre de sa deuxième visite en sol burundais. En vue de réussir leur pari de tenir un festival d’envergure, deux organisations travaillaient en concert : I Muhira Enterprises, dont la principale mission était d’organiser les événements, ainsi qu’I Muhira Production, plutôt responsable de la mise sur pied des concerts eux-mêmes.

« L’idée était d’organiser un festival régional. On voulait fêter de notre façon le cinquantenaire de l’indépendance nationale du Burundi. Par ailleurs, c’était une belle occasion pour nos artistes de se mesurer face à ceux ressortissant des autres pays de la région», déclare un responsable. Le public était d’ailleurs très enthousiaste… et pouf! Les activités s’interrompent samedi 7 juillet. Selon certains, des cérémonies de mariage se sont interposées sur le lieu du festival, ce qui aurait déplu le public, qui a ensuite vidé les lieux.

Selon d’autres, cependant, la vérité n’a pas encore été dévoilée; l’un des organisateurs responsable de gérer le financement de l’activité aurait plutôt été un grand spécialiste du détournement de fonds. Faux, prétend enfin un troisième groupe, qui parle plutôt d’un manque d’intérêt de la part du public. C’est d’ailleurs l’avis de Divine Munezero, membre de l’équipe organisatrice d’I Muhira Enterprises, qui se dit à moitié satisfaite, malgré l’interruption du festival à mi-parcours.

Des musiciens rwandais, ougandais, tanzaniens et kenyans avaient déjà rejoint leurs collègues du Burundi. Les artistes de la République démocratique du Congo, toutefois, n’étaient pas encore arrivés lorsque les festivités se sont interrompues samedi. En tout, 28 artistes devaient exhiber leurs talents au cours des quatre jours prévus pour le festival. « Deux jours au lieu de quatre parce que le public n’a pas répondu à notre invitation, alors que le festival était destiné essentiellement à lui», a lancé Mme Munezero, qui affirme d’ailleurs que son entreprise n’aime pas travailler à perte : « C’est en principe avec les entrées du public qu’on comptait remplir nos engagements vis-à-vis de no différents partenaires. »

Dans la catégorie: Culturel

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