160 films pour célébrer un an de plus à Fantasia

Hugo Prévost

@HugoPrevost

Le tout-Montréal en matière de cinéma de genre s’était donné rendez-vous à l’Université Concordia, mercredi, pour le dévoilement de la programmation de la 16e édition du festival Fantasia. Une conférence-fleuve, encore une fois, pour un événement qui gagne en ampleur et en ambition à chaque anniversaire. Pour 2012, voilà un énorme programme de plus de 350 pages : 160 longs-métrages, des courts, des soirées spéciales, des thématiques, un marché du film… Fantasia est de retour, et ses crocs sont acérés.

Photo : Festival Fantasia

Il s’agit d’un phénomène auquel il est désormais impossible d’échapper : le festival rassemble tant de contenu que les responsables des différentes sections défilent les uns après les autres au micro, promettant monts et merveilles aux journalistes et accros de cinéma. À un point tel que la conférence de presse s’étire, s’étire… Qu’importe, en fait, puisqu’on laisse ainsi présager de tant de moments agréables – ou pénibles, selon le film.

Pas de Human Centipede cette année, heureusement, ni de Wound, mais un plein de fantastique, de science-fiction, d’horreur, et, bien entendu, d’arts martiaux. Fantasia refuse d’ailleurs d’abandonner ses racines asiatiques, en réservant une place de choix aux longs-métrages venus d’Orient. Détour japonais, tout d’abord, avec 39 films de l’Empire du soleil levant mariant humour, étrangeté et surprises. Parmi les réalisateurs qui présenteront leurs oeuvres, on retrouve Takashi Miike (For Love’s Sake, Ace Attorney), Noboru Iguchi (Zombie Ass). La Corée du Sud et la Thaïlande sont eux aussi au programme.

Les amateurs de La guerre des étoiles seront par ailleurs heureux de savoir que l’interprète de Luke Skywalker, Mark Hamill, est de retour au grand écran dans le film sombre Sushi Girl, où des convives s’affrontent autour d’une table où une jeune femme sert de table à un repas particulièrement étrange… et éventuellement très violent.

Parmi tous les autres films qui seront présentés au festival, on notera également la projection de The Human Race, un film spécialement tourné pour Fantasia… et dont le montage devrait d’ailleurs être complété tout juste à temps pour sa projection! Non seulement le réalisateur Paul Hough a dû lancer une campagne de financement Kickstarter pour obtenir suffisamment d’argent pour terminer le montage et les arrangements sonores, mais son film, qui raconte l’histoire d’un groupe de gens coincés dans un univers aussi dangereux qu’inconnu, met en vedette des acteurs souffrant de handicaps. Hough lui-même doit se déplacer en béquilles, ce qui ne l’empêche pas de se battre! Au grand plaisir des quelques spectateurs rassemblés à l’Université Concordia mercredi.

Le temps manque pour décrire l’ensemble des films et des sections spéciales – le Fantastique weekend des courts-métrages québécois, Camera Lucinda, Documentaries from the edge… -, mais Fantasia a de nouveau fait honneur à sa réputation en offrant un programme toujours aussi diversifié, à la fois horrifiant et alléchant, comme un endroit étrange vers lequel le cinéphile est inexorablement attiré. On y retourne pour les films, certes, mais également pour l’ambiance, les longues files de spectateurs venus voir ce qui pourrait s’avérer être sans doute le meilleur navet de la décennie… Fantasia est son propre univers, et le plaisir d’y retourner augmente d’année en année.

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