Étude sur les éoliennes : Santé Canada sera sous observation

Hugo Prévost

@HugoPrevost

Si Santé Canada étudiera en détail l’impact du bruit des éoliennes sur la santé de la population canadienne, l’agence fédérale devra elle aussi éviter de faire trop de bruit; l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a en effet indiquer son intention de suivre de très près le déroulement des procédures de l’étude, histoire d’éviter que le gouvernement conservateur en profite pour nuire au développement des énergies renouvelables.

Photo : iStock

Dans sa réaction à l’étude fédérale, annoncée mardi, l’AQLPA rappelle que plusieurs projets auraient été bloqués pour des arguments de santé, alors que trop peu de données scientifiques seraient disponibles pour évaluer la justesse des craintes citoyennes.

L’Association précise cependant que des normes d’éloignement des éoliennes existent déjà en territoire québécois, entre autres grâce à ses efforts, combinés à ceux d’autres groupes, et ce depuis 2009. Québec impose donc, depuis cette date, une distance minimale de 500 mètres entre les éoliennes et toute résidence. Il n’existe cependant pas de norme semblable ailleurs au pays.

Cette distance minimale assure le respect des normes retenues par l’Institut national de santé publique du Québec (Éoliennes et santé publique synthèse des connaissances, INSPQ, 2009), plaide-t-on par voie de communiqué. Ainsi, l’AQLPA se réjouirait si la conclusion des prochaines études démontrait qu’il n’y a pas de nuisances au-delà de 500 mètres, puisque cela confirmerait la possibilité d’un développement éolien socialement acceptable.

Toutefois, si le gouvernement fédéral cherche à mettre des bâtons dans les roues du développement éolien, l’AQLPA le dénoncera. « On a demandé une étude sur les impacts en santé afin d’établir des normes minimales en matière de pollution de l’air, de l’eau et de bruit face au développement accéléré du gaz de schiste au nom des milliers de Québécois inquiets et le gouvernement du Canada ne nous a jamais répondu. Il accepte par contre le même exercice pour les éoliennes. C’est très frustrant surtout quand on sait qu’il n’y pas de commune mesure entre les impacts possibles sur la santé humaine d’éoliennes érigées selon les normes québécoises dans les milieux ruraux et les impacts connus des puits de gaz de schiste pour la santé humaine dans les milieux ruraux et habités », affirme André Bélisle, président de l’AQLPA.

« L’AQLPA se réjouirait de voir Santé Canada mener de telles études sur les sables bitumineux, l’exploration gazière et pétrolière en milieux rural ou marin, sur les antennes relais et les compteurs à radiofréquences, etc.  Mais voilà, le gouvernement Harper choisit seul ses sujets de recherches », a conclu M. André Bélisle.

Dans un avis publié sur son site Internet, Santé Canada dévoilait mardi sa méthodologie et son plan de recherche, se disant du fait ouvert aux recommandations et aux suggestions. « Cette étude profitera à un domaine d’expertise qui fait l’objet de recherches continues à l’échelle internationale. À l’heure actuelle, nous ne disposons pas de suffisamment de données scientifiques pour conclure que l’exposition au bruit des éoliennes présente un risque pour la santé humaine, même si le mécontentement des communautés et d’autres préoccupations ont été portés à l’attention de Santé Canada et mentionnés dans des ouvrages scientifiques », mentionne le ministère.

L’étude doit prendre fin en 2014.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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Commentaires (2)

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  1. Jean Bédard dit :

    Monsieur Bélisle, comme L’AQLPA qu’il représente, dessert malheureusement la cause du développement durable, par son approche fondamentaliste et la promotion de l’éolien tous azimuths et sans nuances ni réserves, même lorsqu’il s’agit de mégaparcs éoliens en milieux habités. Le fait qu’ils soient imposés, sans consultation des citoyens, au mépris de toute démarche citoyenne et empreint du déchirement social qui l’accompagne, comme c’est le cas pour les parcs des Moulins, de l’Érable et du Massif du Sud dans Chaudière-Appalaches, ne gêne nullement cet organisme et son porte-parole. Jamais ils n’ont condamné, ne seraient-ce que du bout des lèvres, l’approche cavalière et anti-démocratique que le parti libéral a adopté, « enfonçant dans la gorge des citoyens », selon les mots de Mme Normandeau et de M. Charest, ces projets qu’on s’était engagé à faire autrement, ces deriniers reniant ainsi leur parole et leurs principes de mise en oeuvre.

    Le principe de précaution qui doit prévaloir en matière de santé est ainsi sacrifié au profit de l’empressement des promoteurs. Ce principe est essentiel en matière de santé, notamment lorsque le doute persiste concernant l’impact à long terme des turbines sur la population environnante. Ceci sans compter les effets désastreux de ces mégaparcs sur un paysage qui est la raison d’être d’un bonne partie de la population. Cette approche fondamentaliste et sans nuances est tout, sauf rassembleuse, et s’exerce au mépris d’une population impactée qui tente de faires valoir ses droits dans l’indifférence totale et l’imposition de décrets qui anéantit tous recours en justice, alors que seuls les citoyens sont tenus de suivre la démarche des tribunaux, et cela à grands frais pour des retraités et des familles à revenus modestes, qui se voient floués dans leurs démarches d’accès à la justice.

    Ce déni de droit est d’autant plus inique et révoltant, que ces projets sont imposés alors que le Québec est en surplus de production pour une décennie, qu’on paie pour ne pas que Bécancour produise son énergie, et que le prix du Kwh produit par le vent dépasse d’environ 6 cents son prix de vente, subventionnant ainsi une énergie que tous les contribuables québécois devront renflouer dans leurs comptes mensuels.

    M. Bélisle devrait donc concentrer son combat sur le gaz de schiste et les sables bitumineux, plutôt que de défendre au profit de je ne sais quel intérêt caché, des projets insensés qu’il conviendrait de confiner dans le Nord, comme l’avait suggéré le documentaire « Chercher le courant » animé par Roy Dupuis. Son mépris pour la santé des populations qui n’auront qu’à déménager en vendant à perte leur rêve durement acquis, témoigne d’un manque total de valeurs démocratiques. L’AQLPA n’est d »ailleurs pas le seul groupe à afficher un tel sectarisme, constat navrant dans un contexte où la population a besoin de connaître quels sont les véritables enjeux nécessaires à l’élaboration d’une politique énergétique viable. Et cela, dans le respect des citoyens qui font aussi partie de l’environnement.

  2. RDDA dit :

    Très vrai monsieur Bédard je vous appuie ! ;)

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