Le grand risque de la cohabitation humains – animaux
Pieuvre.ca
Une nouvelle étude mondiale dressant la carte des maladies communes à l’homme et aux animaux, comme la tuberculose, a permis de découvrir que 13 zoonoses – les maladies infectieuses chez l’Homme comme chez les bêtes – provoquaient 2,4 milliards d’infections chez les humains, et 2,2 millions de morts par année. La vaste majorité de ces cas surviennent dans des pays à revenu moyen ou faible.
Le rapport, qui a été réalisé par l’International Livestock Research Institute (ILRI), l’Institut zoologique britannique et l’École de santé publique de Hanoï, au Vietnam, a permis de produire une carte des zones de pauvreté, d’élevage, et des maladies que les humains attrapent à partir des animaux, en plus de présenter un palmarès des 20 endroits les plus dangereux pour ce type de contamination croisée.
« Ces zoonoses représentent un important risque pour la santé humaine et animale », a déclaré Delia Grace, une vétérinaire épidémiologiste experte en sécurité alimentaire à l’ILRI, au Kenya, et principale auteure de l’étude. « Cibler les maladies dans les pays les plus touchés est crucial pour protéger la santé mondiale, ainsi que pour réduire les hauts niveaux de pauvreté et de maladie chez le milliard d’éleveurs pauvres de la planète. »
« La forte croissance de la demande pour les produits de l’élevage risque d’alimenter la dissémination d’une vaste gamme de maladies communes aux animaux et à l’homme », a-t-elle ajouté.
En fait, environ 60 pour cent de toutes les maladies humaines et 75 pour cent de toutes les nouvelles maladies infectieuses sont présentes chez les animaux. Parmi les plus importantes, on retrouve la brucellose, qui est responsable de la majorité des maladies et des décès dans les pays pauvres. On compte aussi l’anthrax, ainsi que les maladies émergentes – plus rares -, comme la grippe aviaire, qui, comme le VIH, se répandent pour causer des pandémies mondiales. Alors que les zoonoses peuvent être transmises aux humains par des animaux sauvages ou domestiques, la plupart des infections humaines surviennent après un contact avec un ou plusieurs des 24 milliards d’animaux d’élevage, incluant les porcs, les poulets, le bétail, les chèvres, les moutons et les chameaux.
Le fait que 2,5 milliards d’individus vivent aujourd’hui avec moins de deux dollars US par jour influe également sur la dissémination des maladies, tandis que le tiers des pauvres en milieu urbain dépendent du bétail pour leur nourriture, leur revenu, leurs déplacements, leur purin, ou pour d’autres services.
Avec l’intensification de l’élevage et la croissance de la population, les chercheurs craignent qu’une plus grande promiscuité entre animaux et humains ne mène non seulement à un plus grand nombre de cas de maladies, mais également à l’apparition de nouvelles maladies encore inconnues.
De plus, l’étude a permis de découvrir que les cas de maladies étaient très rarement rapportés aux autorités, particulièrement dans les pays pauvres. « En Afrique sub-saharienne, par exemple, 99,9 pour cent des pertes de bétail n’apparaissent pas dans les rapports de santé officiels. La surveillance n’accomplit pas son mandat », a dit Mme Grace.
Avec cette nouvelle étude, la communauté scientifique espère pouvoir jeter un regard nouveau sur les cas de contamination croisée et de maladies, histoire de réduire non seulement l’incidence des infections sur les humains et les animaux, mais aussi pour augmenter le niveau de vie des populations des pays en développement et des économies émergentes, tout en assurant un bilan de mortalité à la baisse.
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