Montréal complètement cirque – Une indigeste cuisine de Pan

Camille Robidoux

La Compagnie Chute Libre a tenu à nous montrer hier à l’Usine C que le cirque peut être n’importe quoi, mais alors, vraiment n’importe quoi. La cuisine de Pan oscille entre cirque, théâtre et hip-hop, pour finalement livrer très peu. Du début à la fin, le public n’a cessé de se demander si le spectacle allait enfin commencer, ne pouvant s’imaginer qu’il n’y aurait pas plus.

Photo : Montréal complètement cirque

D’emblée, La cuisine de Pan étire la sauce. On comprend rapidement où le spectacle veut en venir lorsque les interprètes prennent leur déjeuner tous ensemble. Les étirements matinaux des danseurs semblaient propices à devenir les prémisses d’une chorégraphie captivante, mais il n’en fut rien. Les quelques bribes de danse hip-hop étaient continuellement interrompues par des animations encore plus lassantes que les danses elles-mêmes. L’insertion du mât chinois, quant à elle, semblait forcée : elle n’apportait absolument rien d’intéressant. Le mât chinois n’était d’ailleurs pas très bien maîtrisé par son interprète, ce qui a contribué encore davantage au malaise de la foule.

En outre, certaines animations étaient beaucoup trop prétentieuses pour être insérées dans une telle création. Le pseudo-entracte où les danseurs se reposent pendant quelques minutes en parlant de « guerres, de grèves et de loi spéciale » avait non seulement quelque chose d’un peu usé : c’était passablement inappropriée dans le cadre d’un spectacle où les artistes en font si peu. Qui plus est, à la fin du spectacle, les interprètes ont fait une animation après nos applaudissements polis, nous forçant à applaudir à nouveau. Voilà un manque de tact certain…

Bref, disons que nous aurions tout simplement préféré passer en dessous de la table. Dommage, car les décors étaient jolis, et la cuisine est un lieu offrant mille possibilités à qui l’exploite de façon adéquate. En fait, le premier devoir que la Compagnie Chute Libre devrait faire, c’est de s’interroger sur l’essence même du cirque. Car si le cirque prend désormais plusieurs formes, il n’en demeure pas moins spectaculaire, et ça, le collectif ne semble pas l’avoir compris.

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