Appel à une révolution culturelle et numérique au Québec
Hugo Prévost
Il est temps pour Québec d’agir en matière de transition de la scène culturelle vers le numérique, histoire d’adapter les modes de diffusion, de création et de vente des produits des créateurs québécois aux réalités du 21e siècle, plaide un document remis jeudi à la ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre. Le document, publié en ligne par l’organisme musiQCnumeriQC, invite également les internautes du Québec à y apposer leur nom et à en favoriser la circulation.
Le 21e siècle est celui de la transparence, du partage, de l’accessibilité et de la collaboration, avancent les auteurs du document. À l’ère du numérique, plaident-ils, ces valeurs sont omniprésentes et il est nécessaire d’en tenir compte dans la refonte de l’appareil de soutien de la culture au Québec.
« Désormais, pour créer, produire et mettre en marché de la musique au Québec, il faudra comprendre le Web, maîtriser ses outils et s’adapter aux nouveaux modèles et usages qu’impose l’ère numérique. Bien que la tâche soit grande, il est nécessaire que tous les intervenants de l’écosystème musical québécois participent au changement et deviennent des chefs de file, plutôt que des victimes de ce changement », soutient-on.
En moins de 10 pages, musiQCnumeriQC propose de mettre en place six mesures d’envergure pour garantir le rayonnement de la culture et la robustesse de son marché au Québec comme ailleurs. Tout d’abord, soutient-on, il est essentiel de créer un comité consultatif numérique de la culture intégrant des créateurs, des travailleurs indépendants et des acteurs « innovants » du milieu culturel québécois. Ce comité aurait comme de conseiller les représentants politiques
et administratifs de l’état, afin de soutenir la création et la diffusion de la culture numérique, soit au sens large et donc pas seulement en musique.
Le comité aurait donc la tâche de sonder les opinions et les besoins des intervenants culturels, de déterminer le processus et les règles de consultation, ainsi que d’identifier des indicateurs clairs et pertinents pour mesurer l’atteinte des objectifs. MusiQCnumeriQC propose également de constituer une « Autorité du numérique permanente », dont le mandat serait l’application des recommandations du rapport de synthèse et des politiques sur lesquelles se serait préalablement entendu le Comité.
Parmi les autres suggestions, on retrouve la recommandation de la création d’une boutique numérique québécoise, fonctionnant sur le principe du code à accès libre (open source), où la distribution de musique numérique ne serait pas tributaire d’intermédiaires non-québécois. Le producteur de musique ou artiste serait libre d’établir lui-même le prix de son oeuvre, échappant par ailleurs aux redevances imposées par les diverses compagnies, comme Apple et sa boutique iTunes.
On suggère également de revoir les programmes d’aide financière, de favoriser la formation à l’univers numérique, ainsi que de revoir, entre autres, le régime des droits d’auteurs, qui a d’ailleurs subi une cure de « rajeunissement » avec l’adoption du projet de loi C-11 à la Chambre des communes, à Ottawa.
Au final, donc, le document de musiQCnumeriQC vise avant tout à provoquer une prise de conscience et à faciliter les discussions entre les acteurs du milieu, les consommateurs de contenu culturel et les autorités étatiques responsables non seulement des programmes de redevances, mais également des services d’aide aux artistes, ceux-ci peinant très souvent à vivre de leur art et de leurs créations, qu’elles soient musicales ou autres.
Dans la catégorie: Culturel
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