Gaz de schiste : un rapport réjouit Questerre

Hugo Prévost

Nouvelle donne dans le dossier de l’évaluation environnementale sur les gaz de schiste; alors que le comité poursuit son étude des avantages et inconvénients de l’exploitation de cette ressource naturelle en sol québécois, le président et chef de la direction de Questerre, Michael Binnion, a diffusé mercredi une lettre envoyée aux membres de l’équipe d’évaluation pour attirer leur attention sur la publication récente d’un rapport en demi-teinte sur cette industrie énergétique. Cela servira, estime M. Binnion, à relativiser les craintes quant aux conséquences environnementales du développement de l’industrie au Québec.

Une pancarte d’un opposant à l’exploitation des gaz de schiste au Québec

Deux études, donc, de la Royal Society et de la Royal Academy Engineering du Royaume-Uni viennent remettre en question certaines des inquiétudes majeures mises de l’avant par les environnementalistes et certains acteurs de la société civile pour protester contre les projets d’exploitation du gaz de schiste à différents endroits dans le monde.

« Commandé par le scientifique en chef du Royaume-Uni, Sir John Beddington FRS, ce rapport a pour objet de recenser, de façon indépendante, les information scientifiques disponibles au sujet de la fracturation hydraulique et de proposer au gouvernement la meilleure marche à suivre pour encadrer, au Royaume-Uni, l’industrie des gaz de schiste. Deux questions étaient au centre de la démarche. D’abord, quels sont les risques associés à la fracturation hydraulique? Ensuite, si ces risques peuvent être gérés de façon à les minimiser, comment serait-il sage de procéder? Les possibles risques environnementaux ainsi que ceux relatifs à la santé et à la sécurité ont été étudiés par un groupe de huit experts réputés et indépendants », indique M. Binnion dans une lettre adressée à Robert Joly, le président du comité d’évaluation.

Le PDG de Questerre tente d’ailleurs d’attirer l’attention de M. Joly sur les similitudes entre l’étude réalisée en Grande-Bretagne et celle en cours au Québec, parlant toutefois de celle-ci comme ayant « une plus large portée, j’en conviens ». « Il me semble que ce rapport constitue une référence déterminante qui ne saurait être négligée », poursuit-il.

Dans le rapport en tant que tel, les deux sociétés royales à l’oeuvre en arrivent à diverses conclusions, dont le fait qu’il est possible de gérer efficacement les risques posés par l’exploitation du gaz de schiste en matière de santé, de sécurité et d’environnement, du moins sur le territoire britannique. On y indique également, cependant, qu’une surveillance très serrée est essentielle « avant, pendant et après les opérations d’exploitation des gaz de schiste pour détecter le méthane et les autres contaminants dans l’eau potable et des fuites potentielles de méthane et d’autres gaz dans l’atmosphère ».

Les deux société royales soulignent également qu’une évaluation environnementale devrait être nécessaire pour chaque puits d’exploitation, évaluation qui examinerait l’ensemble de la durée de vie du projet, et allant de l’utilisation de l’eau potable à la gestion des déchets et l’abandon du puits.

Un rapport mi-figue, mi-raisin, donc, qui peut à la fois rassurer le secteur énergétique, mais aussi le milieu environnemental désireux d’assurer un contrôle sur ce type d’exploitations. Rappelons cependant que divers pays ont interdit, à divers degrés, l’exploitation de cette ressource naturelle, y compris la France, qui a carrément interdit la fracturation hydraulique. Il s’agit de la principale méthode d’exploitation du gaz de schiste, et consiste à injecter un mélange d’eau et de produits chimiques dans le sol, sous forte pression, pour fissurer la roche et ainsi libérer le gaz naturel qu’elle contient.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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