La nicotine, vaincue par un vaccin ?
Pieuvre.ca
Bien que la cigarette contienne plus de 4000 produits chimiques pouvant causer des problèmes de santé sévères, la nicotine est la molécule responsable de la dépendance chez les fumeurs. Des chercheurs du Weill Cornell Medical College, aux États-Unis, ont conçu un nouveau vaccin qui a été testé avec succès chez les souris pour traiter la dépendance à la nicotine. Le vaccin agit directement sur le foie de l’animal, le faisant produire des anticorps qui détruisent la nicotine au moment où celle-ci se retrouve dans le sang, l’empêchant ainsi de se rendre au cerveau.
Selon le docteur Ronald G. Crystal, le meilleur moyen de soigner la dépendance chronique à la nicotine est de pouvoir produire des anticorps qui sont en mesure de nettoyer le sang avant que la molécule nocive ne puisse avoir des effets sur l’organisme. Le but de ce nouveau vaccin est donc de forcer le corps à produire son propre moyen de défense contre la nicotine.
Plusieurs vaccins ont été testés sans succès auparavant puisque ceux-ci introduisaient une dose massive d’anticorps sans forcer le corps à les produire lui-même. Comme les effets ne duraient que quelques semaines, les patients auraient donc eu besoin de plusieurs rappels de vaccin couteux afin de bénéficier des effets à long terme. De plus, les résultats obtenus n’étaient pas constants, puisque la dose injectée pouvait différer d’un patient à l’autre, surtout si ceux-ci se remettaient à fumer au cours des traitements.
« Même si le vaccin n’a été testé que sur des souris jusqu’à présent, nous sommes convaincus que ce nouveau type de vaccin pourra aider les millions de fumeurs ayant tenté de se débarrasser de cette mauvaise habitude, en épuisant toutes les options s’offrant à eux sur le marché, leur dépendance étant trop forte pour les moyens traditionnels, explique le docteur Crystal. Des études démontrent qu’entre 70 et 80 pour cent des gens ayant tenté d’arrêter de fumer recommencent moins de six mois après avoir arrêté. »
Il existe présentement des vaccins à virus vivant et à virus inactivé, cependant, celui qui a été mis au point par l’équipe de chercheurs du Weill Cornell est un vaccin génétique, permettant à l’organisme d’assurer une production continue d’anticorps monoclonaux. Ceux-ci se sont basés sur un modèle de vaccin qui avait été créé pour soigner certaines maladies oculaires ainsi que certains types de tumeurs chez les souris.
Les tests effectués sur les souris ont démontré que les anticorps étaient continuellement renouvelés et que sur la quantité de nicotine administrée aux animaux, la majeure partie était éliminée par l’organisme avant d’atteindre le cerveau. La prochaine étape sera de tester ce vaccin prometteur sur des rats ainsi que sur des primates, avant d’effectuer des essais cliniques sur des humains.
Dans la catégorie: Science et Technologie
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