Montréal relance son programme de compteurs d’eau

Pieuvre.ca

Près de trois ans après le plus fort du scandale des compteurs d’eau qui a frappé Montréal et l’administration du maire Gérald Tremblay, la Ville a annoncé vendredi, par la voix de Richard Deschamps, le vice-président du comité exécutif responsable du développement économique, des infrastructures et des grands projets, le lancement de trois appels d’offres  distincts visant l’acquisition de compteurs, d’émetteurs et d’accessoires permettant l’installation de 2 900 compteurs d’eau dans le secteur non résidentiel. Les trois contrats doivent être octroyés à l’automne 2012.

La Ville de Montréal a décidé de relancer des appels d’offres pour l’acquisition et l’installation de compteurs d’eau

Au dire de M. Deschamps, le lancement des premiers appels d’offres du Programme de mesure de la consommation d’eau est une étape importante dans la démarche du comité exécutif visant l’obtention d’un bilan précis de l’usage de l’eau à Montréal. L’installation de ces compteurs d’eau dans les industries, commerces et institutions contribuera à diminuer les mauvais usages et à préserver notre richesse collective, l’eau potable, plaide-t-il.

Selon le cabinet du maire et du comité exécutif, l’acquisition de ces équipements permettra à la métropole de combler ses besoins d’installation de compteurs pour les deux premières années d’opération de son programme de mesure de la consommation d’eau. L’appel d’offres est ainsi scindé en plusieurs lots afin de profiter d’une plus grande ouverture du marché. Par ailleurs, l’achat d’un nombre limité de compteurs permet d’éviter de lier la Ville à une entente contractuelle comportant des technologies désuètes dans le futur. Cet aspect avait d’ailleurs été souligné de façon négative lors de l’analyse du précédent contrat octroyé pour l’installation de compteurs d’eau.

La plupart des compteurs qui seront acquis serviront aux bâtiments dont les usages sont liés aux usines, hôtels, motels, manufactures légères et lofts commerciaux. Ces nouveaux compteurs seront reliés à des émetteurs permettant la collecte de données à distance au moment où ils seront sollicités par le système de relève. De plus, la Ville souhaite faire l’acquisition d’accessoires pour permettre la pose des compteurs par ses cols bleus : adaptateurs, raccords, et autres.

« Rappelons que la pose de compteurs d’eau dans les industries, commerces et institutions répond aux exigences de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP) », précise le comité exécutif. Il en est de même en ce qui concerne l’obtention d’un bilan précis de l’usage de l’eau et la diminution de 20 pour cent de la production d’eau potable d’ici 2017 par rapport à 2001. Soulignons que la Ville doit atteindre ces objectifs afin de maintenir son éligibilité aux subventions gouvernementales, mentionne-t-on par voie de communiqué.

Dans sa nouvelle mouture, le projet d’installation de compteurs d’eau vise à doter la Ville de Montréal de quelque 16 200 compteurs d’ici 2018. Financé sur une période de 15 ans, le coût de ce projet estimé à 55 millions $ sera relayé aux propriétaires des bâtiments visés.

Le scandale des compteurs d’eau a éclaté au grand jour en décembre 2007, lorsque Le Devoir a publié un article intitulé Conflit d’intérêts à propos d‘un contrat de 355 millions. Des allégations de collusion en vue d’obtenir ce lucratif contrat ont fortement pesé sur les nombreuses firmes impliquées dans l’affaire, BPR, Géniau, Simard-Beaudry et Dessau-Soprin. La pression populaire aura finalement eu raison du projet, après une bataille devant les tribunaux entre la Ville et les entreprises pour le versement de pénalités. L’histoire a également fortement entachée la réputation du maire Tremblay.

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