Violences contre les Autochtones : une enquête publique est réclamée au Manitoba

Pieuvre.ca

Le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn A-in-chut Atleo, a exprimé mardi son appui aux dirigeants des Premières Nations du Manitoba demandant qu’une enquête publique soit menée sur les femmes autochtones disparues ou assassinées et demandé que des mesures concrètes soient prises par toutes les parties pour mettre fin à la violence contre les femmes autochtones dans l’ensemble du pays.

Une campagne de sensibilisation contre la violence faite aux femmes autochtones de Winnipeg. Photo : CBC

Les Autochtones de cette province des Prairies canadiennes réclament en effet du gouvernement Manitobain qu’il mène une enquête sur la gestion, par les forces policières, des dossiers de femmes autochtones portées disparues ou assassinées, alors que les cas de violence contre ce groupe se multiplient. Selon les informations de La Presse Canadienne, le gouvernement manitobain a toutefois indiqué qu’une telle enquête n’est pas prévue pour l’instant, et dit plutôt ne pas vouloir nuire aux enquêtes policières en cours concernant deux cadavres de femmes autochtones retrouvés récemment. Le cadavre d’une troisième femme autochtone n’a toujours pas été localisé. Certains craignent qu’un tueur en série ciblant les femmes autochtones ne soit à l’oeuvre. Une personne a d’ailleurs été arrêtée en lien avec cette affaire à Winnipeg, précise l’APN par voie de communiqué.

« La violence contre les femmes et les fillettes de notre peuple est absolument inacceptable. Elle doit s’arrêter. Nous devons travailler ensemble maintenant, et cela comprend le fait de reconnaître le lien étroit entre la violence et les expériences vécues par de trop nombreuses personnes de nos communautés, a déclaré M. Atleo. Le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des fillettes autochtones a déclaré que la sécurité et la sûreté sont liées directement à la concrétisation de l’autodétermination et à l’élimination des obstacles sociaux, politiques et économiques qui nuisent aux droits des peuples autochtones. Les droits des Premières Nations doivent être respectés et appliqués de façon à ce que notre peuple puisse mieux assurer sa propre sécurité et collaborer avec les gouvernements pour lutter contre la violence, selon les besoins. »

Des chefs des Premières Nations de Manitoba Keewatinowi Okimakanak, de l’Assemblée des chefs du Manitoba et de la Southern Chiefs’ Organization ont annoncé mardi qu’ils continueront d’attirer l’attention sur les enquêtes non résolues de femmes autochtones disparues ou assassinées au Manitoba, et d’insister sur la nécessité d’une enquête publique. Ces organismes devaient coordonner une marche et une vigile à l’Assemblée législative du Manitoba à Winnipeg mardi soir.

Pour les chefs de l’ensemble du Canada, mettre fin à la violence contre les femmes est une priorité nationale. L’APN dit défendre systématiquement les personnes et les familles des Premières Nations touchées par la violence qui cherchent à obtenir justice, et milite pour des mesures de soutien de santé et de prévention adéquates et appropriées afin de mieux assurer la sécurité des collectivités.

En mai 2012, de pair avec l’Association des femmes autochtones du Canada et d’autres groupes, l’APN a soumis une déclaration commune avec des recommandations spécifiques sur les mesures à entreprendre auprès de l’Instance permanente de l’ONU sur les questions autochtones (UNPFII).

L’APN a par ailleurs organisé un forum national sur la justice, plus tôt cette année, afin d’élaborer une stratégie pour mettre un terme à la violence contre les femmes et les filles. L’ébauche de stratégie sera présentée aux chefs dans le cadre de l’assemblée générale annuelle qui aura lieu à Toronto du 17 au 19 juillet 2012.

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