Rupert Murdoch envisagerait de morceller News Corp.
Hugo Prévost
Les événements se précipitent chez News Corp., la méga-entité médiatique appartenant à Rupert Murdoch; plusieurs médias font en effet état, mardi, de la possibilité d’une division de l’empire en deux, consacrant de facto la séparation entre les services de publication et ceux du divertissement. Impossible, dans ce contexte, de ne pas penser au scandale dans lequel est plongé le magnat de la presse en Grande-Bretagne. M. Murdoch voudrait-il mettre une partie de son empire à l’abri?
Selon les données amassées par Andrew Beaujoin, chez Poynter, le divertissement (cinéma, mais aussi télé, dont la très populaire chaîne Fox News) représente la part du lion des revenus de News Corp., avec un total avoisinant les trois quarts des 25,34 milliards $ US amassés pendant les neuf premiers mois de l’année financière en cours. Ces revenus équivalent également à environ 90 pour cent des profits pour cette même période.
Une décision finale sur la séparation des actifs n’a toutefois pas été prise. M. Murdoch s’est par le passé opposé à une telle initiative, rapporte le Wall Street Journal (propriété de News Corp.), mais le tout fait l’objet de discussions internes depuis des années, précisent des sources au fait du dossier. Le grand patron se serait d’ailleurs montré récemment plus réceptif à cette idée, assure-t-on sous le couvert de l’anonymat.
Au dire du WSJ, cette division des départements en deux entités distinctes ne changerait peu ou prou à la mainmise de la famille Murdoch sur l’empire, puisque ceux-ci en détiennent 40 pour cent des titres. Cependant, dans la foulée du scandale des écoutes téléphoniques en Grande-Bretagne – une affaire qui a déjà coulé le très rentable et populaire News of the World, la pierre angulaire de News Corp. au Royaume-Uni, tout en mettant l’establishment conservateur au pouvoir dans l’embarras -, Rupert Murdoch pourrait conserver ses parts (environ 40 pour cent) dans le diffuseur satellitaire British Sky Broadcasting. Le scandale avait déjà fait échouer une prise de contrôle total de l’entreprise, et poussé l’organisme réglementaire britannique à se pencher sur les pratiques commerciales de News Corp.
Du côté de Businessweek, on souligne qu’une division des effectifs pourrait plaire aux investisseurs, quelque peu chatouilleux à l’idée de placer leur argent dans un secteur média souffreteux, mais plus qu’intéressés à se concentrer sur la télé et le cinéma, qui rapportent gros. « En général, les partitions sont de bonnes nouvelles, parce qu’une somme des parties est souvent meilleure qu’un tout, et celles-ci tendent à libérer de la valeur dissimulée, en plus de générer parfois un attrait corporatif pour les divisions séparées », a déclaré l’actionnaire Ian Harding à Deal Journal Australia.
Avec seulement un seul journal australien en poche dans les années 1950, Rupert Murdoch a rapidement fait croître son empire pour mettre la main non seulement sur des journaux australiens (sa terre natale), mais aussi sur des publications britanniques et américaines, en plus d’investir massivement dans la télévision et le cinéma. Les chaînes câblées comme Fox News fournissent désormais la majorité des profits de News Corp.
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