Le Partenariat Trans-Pacifique causera des dommages au Canada, craint un syndicat

Pieuvre.ca

Si le gouvernement fédéral se réjouit que le Canada ait enfin été invité aux négociations sur la mise en place du Partenariat Trans-Pacifique, un projet d’accord de libre-échange économique rassemblant désormais 11 pays, un organisme syndical estime toutefois qu’Ottawa fait fausse route, et que le résultat n’en sera que pire en matière d’environnement, des droits des travailleurs et de la responsabilité à l’égard du public.

Stephen Harper et Barack Obama discutent au sommet du G20 de Los Cabos, au Mexique. Photo : Jewel Samad / AFP

Aux yeux du Syndicat des Métallos, les intentions des troupes conservatrices du premier ministre Stephen Harper sont claires : appui indéfectible aux grandes multinationales, abolition des mesures de protection de l’environnement, attaque contre les droits des travailleurs et mépris complet de l’obligation de rendre des comptes au public, avance Ken Neumann, directeur national du regroupement.

« Compte tenu de ces effroyables antécédents, la conclusion d’une entente commerciale transpacifique pourrait fournir à Stephen Harper une nouvelle occasion d’accorder des privilèges particuliers aux investisseurs étrangers, tout en attaquant nos normes du travail et nos normes environnementales », a affirmé M. Neumann.

Après deux années de lobbying, les conservateurs de Harper ont obtenu que le Canada soit invité à se joindre aux négociations sur le Partenariat transpacifique auxquelles participent divers pays, dont les États-Unis, l’Australie, le Chili, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, Singapour et le Vietnam, plaide-t-on par voie de communiqué.

Le Canada a déjà conclu des ententes commerciales avec trois pays faisant partie du Partenariat Transpacifique, tandis que les six autres membres comptent collectivement pour moins de un pour cent des exportations canadiennes, a souligné M. Neumann. Toute augmentation éventuelle des exportations vers ces marchés ne pourrait qu’être négligeable eu égard à l’ensemble de la production et du marché de l’emploi du Canada, craint-on.

« Le Canada ne doit se joindre au Partenariat transpacifique que si le gouvernement Harper s’engage catégoriquement à protéger la qualité des emplois, les principes du développement durable et les droits des travailleurs », a précisé M. Neumann.

« Le bilan du Canada en matière de transparence est insatisfaisant quand on considère les accords commerciaux, qui sont d’ailleurs de plus en plus négociés en secret et sans véritables consultations publiques. »

« Notre gouvernement doit s’engager à mener des consultations significatives avec la population canadienne, les groupes de la société civile et les syndicats. Les ententes d’une telle importance doivent faire l’objet d’un vote à la Chambre des communes. »

À Ottawa, l’opposition néo-démocrate, libéral et bloquiste partage les craintes des Métallos. Selon un article de La Presse, ces trois partis croient que le Canada devra se débarrasser de son programme de « gestion de l’offre », qui permet de sévèrement réglementer la production de produits laitiers et de la volaille, assurant la mainmise des producteurs nationaux sur le marché, et une gestion serrée des quotas de production. Ce système est particulièrement important au Québec et en Ontario, où les petits joueurs dépendent de ces règles.

Les conservateurs n’ont pour l’instant pas précisé s’ils avaient dû, oui ou non, accepté de mettre la hache dans ce programme pour obtenir un droit d’entrée à la table des négociations.

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