Sortie en faveur du casque obligatoire pour les jeunes cyclistes

Pieuvre.ca

Il est temps que le Québec se dote d’un règlement qui rendrait obligatoire le port du casque à vélo chez les enfants de moins de 18 ans, estime un groupe de professeurs de divers départements de pédiatrie. Ces experts, issus des quatre centres hospitaliers universitaires de la province (CHUQ, CHUS, CHUSJ, HME du CUSM), affirment que le gouvernement doit absolument agir pour appuyer leurs efforts de sensibilisation et permettre ainsi au Québec de rattraper son retard face aux autres provinces canadiennes.

Selon les experts en pédiatrie, le casque devrait être obligatoire pour les jeunes cyclistes

Dans une déclaration publiée mercredi par voie de communiqué, ces professionnels expliquent que la démarche du groupe d’action vise trois objectifs principaux, soit la promotion de la sécurité en vélo, autant chez les cyclistes que les automobilistes; le développement favorable d’un environnement adapté à la pratique du cyclisme chez les enfants et les adolescents, en plus de faire augmenter le taux du port du casque chez les moins de 18 ans en améliorant l’accessibilité au casque chez les enfants issus de milieux moins favorisés.

Les blessures à vélo sont fréquentes, rappelle-t-on, puisqu’elles sont la troisième cause des blessures chez les enfants de 10 à 14 ans. La plupart de ces blessures sont dues à la vitesse excessive atteinte par les victimes, à leur manque d’expérience dans le contrôle du vélo et à l’absence d’équipement de protection, précise-t-on.

« Les blessures les plus graves touchent la tête et le cerveau, et même les traumatismes d’apparence anodine peuvent causer des lésions cérébrales permanentes. Le crâne humain a une épaisseur de 1 cm et peut être fracassé par un impact se produisant à seulement sept à 10 km/h, alors que les cyclistes roulent à des vitesses entre 10 et 16 km/h », disent ces experts.

Ceux-ci soulignent également qu’un casque correctement ajusté évite à la tête d’absorber la force de l’impact d’un accident ou d’une chute, ce qui peut réduire jusqu’à 85 pour cent les risques de traumatisme crânien et cérébral grave. Quatre traumatismes crâniens sur cinq pourraient être évités si chaque cycliste portait un casque.

Six provinces canadiennes ont des lois concernant le port du casque à vélo. Il est obligatoire à tout âge en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. En Alberta et en Ontario, il est obligatoire jusqu’à 18 ans.

« Outre les bienfaits humains liés à l’absence de blessures, d’hospitalisations et aux décès évités, on estime que chaque dollar investi dans les casques permet d’économiser 30 $ en coût pour la société. De plus, chaque lésion cérébrale entraîne des dépenses de plus de 400 000 $ pour notre système de santé au moment du traumatisme. Les dépenses demeurent sensiblement les mêmes dans les années suivant l’événement en raison des frais indirects et de la prise en charge nécessaire à moyen et long terme », précisent les experts.

Tous ne sont cependant pas d’accord avec cette proposition. Dans une entrevue accordée au quotidien La Presse, une porte-parole de Vélo Québec, Suzanne Lareau, s’en est pris à un rapport d’un coroner ontarien qui recommandait le port obligatoire du casque.

Mme Lareau estime entre autres que la sécurité de la pratique du vélo en général et le port du casque en particulier ne cessent de progresser au Québec, sans législation, rapporte le journal de la rue Saint-Jacques. Elle insiste plutôt sur l’importance d’améliorer la visibilité des cyclistes, sur le respect des règles et sur les conditions de pratique.

Dans la catégorie: Société

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