Un « plan Sud » est essentiel aux yeux du Conference Board
Pieuvre.ca
Si le gouvernement libéral a le regard résolument tourné vers le Plan Nord et les abondantes ressources minières qui s’y trouvent, le Conference Board du Canada suggère plutôt de s’intéresser à la partie méridionale de la province, soit la grande région montréalaise. Le Conference Board parle ainsi d’un « plan Sud » pour que la métropole devienne le moteur économique qu’elle « devrait être ». Voilà ce qu’affirme l’organisme dans une publication diffusée à l’occasion du Rendez-vous IDU Québec, une conférence organisée par l’Institut de développement urbain du Québec, vendredi à Montréal.
Au dire de Mario Lefebvre, directeur du Centre des études municipales et auteur de cette nouvelle publication intitulée Un « plan Sud » pour faire de Montréal la métropole qu’elle devrait être, le le temps est venu pour le Québec d’adopter aussi un « plan Sud » pour la grande région montréalaise. i Montréal bat de l’aile, ni l’économie du Québec ni celle du Canada ne réaliseront leur plein potentiel, mentionne-t-il, tout en soulignant qu’il était « tout à l’honneur du Québec d’avoir élaboré une stratégie de développement économique, le Plan Nord, pour ses régions nordiques, en raison de la forte demande pour les produits de base et leurs coûts élevés. »
Dans un rapport paru en 2006, le Conference Board concluait que la croissance économique des « villes de convergence » du pays entraînait celle des collectivités environnantes et même de l’ensemble des villes de leur province. Au Québec, c’est la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal qui joue ce rôle moteur.
Mais voilà que Montréal est en panne, plaide le Conference Board, du moins comparée aux villes de convergence des autres provinces canadiennes. De 1987 à 2011, la croissance économique annuelle moyenne de la RMR de Montréal n’a été que de 1,8 pour cent, comparativement à 2,4 pour cent pour l’ensemble du Canada.
La note d’information publiée vendredi repère sept grands axes autour desquels devrait s’articuler l’éventuel plan Sud : rétablir la santé financière des municipalités du grand Montréal, attirer des immigrants et assurer leur intégration, favoriser l’investissement, instaurer une gouvernance transparente et à l’écoute des besoins de la population, soutenir les grappes industrielles, commercialiser la recherche et les produits innovateurs, et intégrer le développement régional, mentionne-t-on par voie de communiqué.
« Rétablir la santé financière des municipalités du grand Montréal devrait être la toute première chose à mettre dans le plan Sud », martèle le Conference Board; plusieurs études de l’organisme ont d’ailleurs montré que les municipalités canadiennes ne sont pas actuellement en mesure de fournir tous les services qu’elles devraient et de financer parallèlement les travaux d’infrastructure dont elles ont besoin pour fonctionner. Dans ce contexte, les grandes villes canadiennes comme Montréal ne peuvent pas, en plus, être des moteurs de croissance économique, précise-t-on.
La note d’information suggère également, entre autres propositions, que Montréal repense son mode de gouvernance. Un grand dessein devrait également guider l’intégration des initiatives pour améliorer la santé économique de Montréal, car souvent ce genre d’initiatives ne visent que des quartiers. Pour que Montréal devienne une métropole florissante, ses politiques doivent s’inscrire dans un projet global, soutient le Conference Board.
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