Les employés municipaux sont-ils injustement avantagés ?
Pieuvre.ca
Tandis que les relations sont tendues entre les employés municipaux syndiqués de Québec et le maire Régis Labeaume, voilà que l’Institut économique de Montréal s’en prend plutôt aux fonctionnaires montréalais, sondage de satisfaction envers les travailleurs municipaux à l’appui. Au dire de l’Institut, les Montréalais seraient non seulement peu satisfaits des services municipaux reçus, mais financeraient également des conditions de travail plus avantageuses que du côté du secteur privé.
Selon un coup de sonde récent de Forum Research, les habitants de Montréal seraient en effet insatisfaits des services offerts par leur municipalité, et ce alors qu’ils terminent de verser 2,9 milliards $ en taxes municipales pour 2012. Pourtant, souligne l’Institut, les employés municipaux bénéficient de conditions de travail généreuses, bien au-dessus de la moyenne. En effet, mentionne-t-on par voie de communiqué, ceux-ci travaillent cinq semaines de moins et ont une rémunération globale supérieure de 11 000 $ à celle des employés des grandes entreprises privées.
« Les régimes de retraite du secteur public se distinguent aussi par leur générosité. Dans la vaste majorité des cas, les contributions aux régimes de retraite de la fonction publique sont payées à parts égales entre l’employeur et les employés », précise l’organisme. À Montréal, l’employeur assume en moyenne 70 pour cent du coût et les employés municipaux, 30 pour cent.
De plus, il est prévu dans les conventions collectives des employés municipaux montréalais que ceux-ci ne peuvent pas être mis à pied à la suite d’améliorations techniques ou technologiques ni de changement dans les procédés de travail. À cette sécurité d’emploi s’ajoute aussi un plancher de 3804 employés titulaires pour les cols bleus. Cette exigence contraint la Ville de Montréal à maintenir un certain nombre d’emplois en remplaçant des départs à la retraite, par exemple, affirme l’Institut. Pour Louis Fortin, conseiller en relations industrielles agréé et auteur de la note économique intitulée Les conditions de travail des employés municipaux montréalais, ces rigidités rendent certainement plus difficiles les gains d’efficacité.
« Les contribuables montréalais financent des salaires et des avantages sociaux exceptionnellement généreux qui sont hors de portée pour la majorité d’entre eux. Dans ce contexte, on peut se demander si la notion de »services aux citoyens » ne devrait pas également comporter un plus grand respect envers la capacité de payer des Montréalais », affirme M. Fortin.
Rappelons que des négociations sont actuellement en cours pour rééquilibrer progressivement les proportions des régimes de retraite assurés par la Ville et ses employés. Dans la capitale provinciale, toutefois, le maire Labeaume semble avoir adopté une approche frontale, réclamant même un droit de lockout, une proposition qui a été refusée par le ministre des Affaires municipales Laurent Lessard.
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