La douce rage revendicatrice d’Eiffel
Hugo Prévost
L’ambiance devait être belle, mercredi et jeudi soir, lors du passage du groupe rock français Eiffel sur la scène des Francofolies de Montréal. Le quatuor était de passage dans la métropole pour faire vibrer la foule et interpréter quelques succès de ses cinq albums, y compris À tout moment, sorti en 2009, mais réédité et redistribué au Québec quelques semaines avant les deux concerts de cette semaine.
Le néophyte ne saura pas trop à quoi s’attendre en introduisant ce plus récent opus dans son lecteur de disques. Il y découvrira cependant avec plaisir un groupe servant un rock agressif mais également engagé, mélange parfait de paroles puissantes et de mélodies accrocheuses. Gros plus, d’ailleurs, en raison de cette origine française, puisque les textes coulent beaucoup mieux, sont beaucoup plus rapidement saisies par l’oreille.
On est rapidement tentés de s’abandonner sans retenu à cette approche musicale similaire à celle d’Indochine, mais dopée à l’acide rock des années 1990 et 2000. Ça grince, ça cogne, ça revendique haut et fort, le poing sans doute dressé pour un monde meilleur, ou simplement pour gueuler un bon coup contre l’ordre établi.
Sans tomber, d’ailleurs, dans le hard rock pur et dur, Eiffel flirte également avec des accents folk ou pop, guitare sèche en main pour le chanteur Romain Humeau, qui signe aussi toutes les pièces de l’album. Petit côté Johnny Halliday, par ailleurs, pour le côté rockeur en mal de vivre, à la voie un peu éraillée. On sent dans ce disque un certain désespoir d’une jeunesse désoeuvrée, d’un système politique, économique et social à la dérive – mais rien de trop ostentatoire. Eiffel effleure plutôt au lieu de tomber dans les clichés revendicateurs.
Avant la sortie d’un sixième disque, Foule monstre, prévue en septembre prochain, Eiffel a donc profité de l’occasion offerte par les Francos pour s’en donner à coeur joie sur le territoire montréalais, domaine des cousins québécois avec qui ils partagent une langue commune, certes, mais aussi, depuis quelques mois déjà, des principes sociaux et des demandes de réformes de l’État. Ils étaient certainement plus que 50 à profiter d’une bonne rasade de musique rock, mercredi et jeudi, et les spectacles devaient sans doute donner envie de croire en quelque chose de mieux, de plus fort, de plus puissant. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’Eiffel chante La rue…
Dans la catégorie: Culturel
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on cherche toujours le rapport avec indochine ou johnny halliday (à part qu’ils soient français…)