Tsunami japonais : après les radiations, les espèces envahissantes ?

Pieuvre.ca

Lorsque des débris provenant du tremblement de terre et du raz-de-marée survenus au Japon en 2011 ont commencé à se déplacer vers la Côte Ouest de l’Amérique du Nord, plusieurs ont craint des risques de contamination aux radiations ou aux produits chimiques, ainsi que de coûteux efforts de nettoyage. Un quai flottant s’étant échoué récemment à Newport, en Oregon, et lié aux catastrophes japonaises, a plutôt transporté une menace inattendue : des espèces envahissantes.

Un aspect du quai japonais ayant dérivé jusqu'en Oregon. Photo : Hatfield Marine Science Center de l'Université d'État de l'Oregon

Des chercheurs de l’Université d’État de l’Oregon affirment que la structure de béton contient environ six kilos d’organismes par pied carré, pour un total d’environ 100 tonnes. Les scientifiques ont déjà recueilli des échantillons de quatre à six espèces de moules, d’étoiles de mer, d’oursins, d’anémones, de vers, d’escargots et d’algues. Au total, il y aurait des dizaines d’espèces.

« Ce quai est une île ne ressemblant à aucun autre débris transocéanique jamais vu », a déclaré John Chapman, un spécialiste des espèces marines envahissante de l’Université d’État de l’Oregon. « Les bateaux à la dérive ne transportent pas de telles communautés d’êtres vivants, et quelques-unes de ces espèces sont déjà sur la côte. Pratiquement toutes les espèces que nous avons observées étaient déjà installées sur le quai avant le tsunami. Quelques autres se sont ajoutées en mer. »

Pour M. Chapman, il est « stupéfiant » de constater la manière dont ces organismes ont survécu à leur traversée du Pacifique. La faible productivité de la mer aurait dû affamer au moins la moitié des espèces, estime-t-il.

« On dirait que le quai a dérivé vers ici en restant collé aux côtes, mais c’est bien entendu impossible », a ajouté M. Chapman. « La vie en mer, tout en dérivant, pourrait être plus facile pour ces organismes que nous ne le croyons auparavant. Les invertébrés peuvent survivre pendant des mois sans nourriture et les espèces d’algues les plus abondantes n’ont sans doute pas dû affronter les herbivores habituels. Malgré tout, c’est surprenant. »

Au dire de Jessica Miller, une écologiste marine de l’Université d’État de l’Oregon, le plan mis au point par le département des Poissons et de la Vie sauvage de l’Oregon, ainsi que par les Parcs de l’État de l’Oregon consiste à nettoyer le quai et à emmagasiner tout le matériel biologique pour minimiser les menaces potentielles posées par les espèces non-indigènes. Il n’y a cependant pas moyen de savoir si l’un de ces organismes s’est déjà répandu dans les eaux avoisinantes.

« Nous n’avons pas moyen de savoir si un être vivant présent sur ce quai s’est établi sur nos rives, mentionne M. Chapman. Cela prendra du temps. Par contre, nous sommes vulnérables. Une nouvelle espèce est découverte à proximité d’ici à toutes les années. Nous espérons qu’aucune espèce présente sur ce quai ne fera partie des espèces découvertes au cours des prochaines années. »

Dans la catégorie: Science et EnvironnementScience et Technologie

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.