Soirée épique avec l’Orchestre de jeux vidéo
Hugo Prévost
On peut se demander comment Jocelyn Leblanc arrive à dormir; l’homme derrière l’Orchestre à vents de musiques de films (OVMF) et, depuis 2008, derrière l’Orchestre de jeux vidéo (OJV) semble en effet être constamment occupé à modifier, adapter et composer de nouvelles pièces pour ses deux équipes de musiciens bénévoles. Samedi soir, M. Leblanc reprenait ainsi sa baguette de chef d’orchestre dans le cadre d’un concert « épique », une soirée où l’OJV a rendu hommage à certain des jeux vidéo les plus connus de l’histoire.
Le programme était ambitieux; on retrouvait ainsi, en tout début de programme, la pièce principale du jeu Skyrim, le dernier né de la série The Elder Scrolls, un ensemble de jeux de rôle développé par les studios Bethesda Softworks. La pièce originale, composée par Jeremy Soule (aussi responsable des magnifiques bandes sonores des deux précédents opus de la série, Morrowind et Oblivion), fut ici réinterprétée de façon magistrale par les gens de l’OJV. Maniant les instruments à vent comme leurs confrères de l’OVMF, ils ont offert un incroyable moment de puissance et d’émerveillement. Tout y était, même la partie chantée.
Si la version originale avait nécessité le triplement des chants de 30 choristes rassemblés en studio, la dizaine de musiciens masculins de l’OJV affectés au choeur (en plus de la musique) ont su parfaitement recréer l’ambiance de cette zone nordique du continent de Tamriel, dragons y compris.
Après cette première pièce « épique », l’OJV s’est payé un petit retour dans le temps en rendant une petite visite musicale à Kid Icarus, titre tout d’abord paru chez Nintendo pour sa première console. Suivi ensuite un détour par une galaxie lointaine, très lointaine, avec un assortiment musical du récent jeu de rôle en ligne Star Wars: The Old Republic. Les habitués de l’OVMF ne seront pas surpris de ce clin d’oeil à John Williams, le compositeur de la musique de la saga de George Lucas, puisque celui-ci est une importante source d’inspiration pour Jocelyn Leblanc.
L’OJV n’a pas non plus oublié ses classiques, s’aventurant de nouveau du côté des jeux de la première console Nintendo, avec des titres tels que Metroid, Punch-Out, Dr. Mario et autres noms de l’époque où il fallait souffler dans la console (ou la cassette) pour faire fonctionner le tout.
Petit retour en deuxième partie avec la suite de la composition tirée de The Old Republic, accompagné de la musique de Final Fantasy XIII et de The Legend of Zelda: Skyward Sword. Sans oublier Harry Potter and the Order of the Pheonix juste avant la pause. Du bonbon pour les oreilles, sans véritable faux pas, gaffe majeure ou catastrophe. Les musiciens de l’OJV ont démontré leur indéniable talent; il n’ont en effet rien à envier à leurs homologues de l’OVMF, et sont certainement en mesure de s’attaquer à des pièces complexes, le tout avec un résultat de niveau professionnel. On regrettera peut-être le piano à queue trop souvent enterré par les autres instruments, surtout les cors, mais ce serait ergoter.
Soulignons par ailleurs l’excellente idée des deux orchestres de remettre gratuitement, depuis quelques temps, un disque d’un précédent concert. Une façon rapide et efficace pour attirer de nouveaux spectateurs.
La formation soeur de l’OJV, l’Orchestre à vents de musiques de films, s’attaquera pour sa part aux films d’animation dimanche à 14h30 à la salle Pollack de l’Université McGill, ainsi que samedi le 16 juin. Quant à l’OJV, ses membres offrent une reprise du concert de samedi soir le dimanche 17 juin, également à 14h30, dans la même salle.
Dans la catégorie: Culturel
Mots-clef: concert, concert épique, Culturel, final fantasy 13, final fantasy xiii, harry potter, jocelyn leblanc, kid icarus, musique, ojv, orchestre à vents de musiques de films, orchestre de jeux vidéo, OVMF, programme, skyrim, skyward sword, star wars, the legend of zelda, the old republic
