George Thorogood & The Destroyers au Métropolis : un groupe au succès loin d’être révolu
Caroline Lévesque et Raymond Lévesque
Jeudi dernier, le Métropolis a vibré au son rock d’un des grands groupes mythiques américains des années 1970 : George Thorogood and the Destroyers. On entrait alors dans une zone influencée par la culture des motocyclistes, des bars et des casinos le temps d’une soirée à Montréal, avant qu’ils ne partent le lendemain pour le Capitol de Québec dans le cadre de leur tournée nord-américaine.
Des l’arrivée du public devant le Métropolis, une vingtaine de motos grosse cylindrée étaient stationnées devant l’entrée principale, ce qui nous donnait un avant-gout de ce que serait cette soirée de bikers aux tonalités de rock blues.
Le temps ne semblait pas avoir passé pour ces sexagénaires qui ont fondé leur groupe au début des années 1970. L’énergie était présente tout le long du spectacle qui a duré près d’une heure trente.
La soirée a commencé par la chanson Who Do You Love avec projections sur écran géant d’une bombe nucléaire et d’une tête de mort enflammée, qui allaient confirmer le ton du spectacle. Le public a pu renouer avec de grands classiques tels que Born To Be Bad, One Bourbon, One Scotch, One Beer et Bad To The Bone qui fut utilisée dans les films Terminator II et Christine de John Carpenter (1983).
Thorogood, bandana de motocycliste sur la tête et lunettes fumées, est en pleine forme, à en voir son solo de guitare en l’air dès la première chanson. Il nous montre son énergie, à coup de mimiques de mauvais garçon. Du vrai rock, il n’y a pas de doute. Même que des projections de flammes sont juxtaposées à des images des Destroyers en pleine action avec baguettes, basse, guitare et saxophone entre les mains. Certaines chansons ont des tonalités à la Johnny Cash, pour lequel une chanson lui ait d’ailleurs dédiée dans le spectacle, et on y ressent une brise parfois western entre deux pièces plus rock.
Les projections sur écrans avaient comme but de renforcer cette ambiance de mauvais garçons que George Thorogood & The Destroyers cultivent autour de leur groupe depuis près de quarante ans. Toutefois, la qualité des images laissait à désirer, et celles-ci édulcoraient parfois cette atmosphère, comme si on en forçait trop la note. Les projections venaient illustrer souvent à la seconde près chaque mot des chansons, et toute cette mise en scène donnait une impression d’ambiance de karaoké (projection d’une image de scotch qui s’enchaine avec une autre d’un bock de bière pour la mythique One Bourbon, One Scotch, One Beer). Disons que le concept avait déjà été compris, à la base…
Malgré le fait que le groupe n’a pas sorti d’album depuis 2006 avec The Hard Stuff – à l’exception de 2120 South Michigan, un album de reprises paru en 2011 -, il a tout de même réaffirmé qu’il était en bonne forme et a su créer de l’effervescence chez son public qui en demandait toujours plus à coup de signes du diable. Tout le long du spectacle, celui-ci réagissait bruyamment de façon à ce Thorogood et sa bande décident a la fin du spectacle de faire non pas un, mais deux rappels.
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