Un rapport dénonce le nombre insuffisant d’employés handicapés dans les organismes publics
Pieuvre.ca
Les personnes handicapées sont sérieusement sous-représentées dans les organismes publics au Québec et des efforts considérables doivent être consentis afin de faire respecter leur droit à l’égalité prévu à la Charte des droits et libertés de la personne, soutient la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
Dans une déclaration publiée jeudi par voie de communiqué, la commission croit ainsi que les organismes publics doivent tripler la représentation des personnes handicapées au sein de leurs effectifs. Lors du lancement du Rapport triennal 2007-2010 de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics, le président de la commission, Gaétan Cousineau, a déclaré que le défi était de taille, puisqu’en même temps, « les organismes publics doivent aussi poursuivre leurs efforts pour augmenter la représentation des autres groupes visés par la Loi, soit les femmes, les minorités visibles, les minorités ethniques et les Autochtones ».
« Comme les organismes publics sont un reflet de la société québécoise, ils doivent servir de modèles dans la lutte contre la discrimination au travail et agir à titre d’agents de changements dans la société », a-t-il rappelé.
La commission précise que les personnes handicapées n’ont été ajoutées aux groupes visés par la loi qu’en 2005. Le rapport, mentionne-t-on, dresse donc pour la première fois le portrait de leur sous-représentation au sein de quelque 260 organismes publics, notamment ceux du réseau de l’éducation (commissions scolaires, cégeps et universités), les municipalités, les sociétés de transports et les sociétés d’État, telles Hydro-Québec, la société de la Place des Arts de Montréal et la Commission de la construction du Québec.
Le rapport démontre notamment que le réseau de l’éducation devra mettre les bouchées doubles, compte tenu de l’importance des effectifs et de son rôle dans la société. En effet, plus de 200 000 personnes travaillent au sein des commissions scolaires, des cégeps ou encore des universités québécoises. Selon la commission, « afin de respecter leurs engagements en matière d’égalité, il faudrait que les commissions scolaires embauchent plus de 4 500 personnes handicapées en plus des 1 800 déjà en poste. Du côté des cégeps, il n’y a présentement que quelque 300 personnes handicapées alors qu’il en faudrait au moins 700 de plus. Dans les universités, l’objectif est d’embaucher plus de 1 000 autres personnes handicapées ».
« L’environnement social et politique appelle à des efforts supplémentaires pour reconnaître les droits des personnes handicapées », a soutenu M. Cousineau. « En premier lieu, la Commission reçoit de plus en plus de plaintes pour discrimination pour le motif handicap. De plus, le Canada a signé et ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’Organisation des Nations Unies. »
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